Marseille. Sur le chantier de Cosquer Méditerranée, près du Mucem, les ouvriers s’affairent, car le temps presse. Dans quelques semaines, le 4 juin, la réplique de la seule grotte ornée de Provence ouvrira ses portes au public. Un projet né dans l’urgence, car la montée des eaux menace de submerger la grotte sous-marine (dont l’entrée est à 37 m de profondeur), située au pied de la calanque de Morgiou, ce qui détruirait à jamais ces trésors artistiques du Paléolithique, pour certains vieux de 30000 ans.
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De la haute technologie
Découverte en 1985 par un plongeur professionnel, Henri Cosquer, la grotte n’a été rendue publique qu’en 1992. Le coût de cette entreprise audacieuse s’élève à 23 millions d’euros, dont 13 provenant du groupe Kléber-Rossillon, qui gérera l’exploitation du site. Le reste est subventionné par la Région Sud. Avec un billet à 16 €, ses promoteurs tablent sur une fréquentation de 500000 visiteurs par an, en moyenne. Un objectif très raisonnable, quand on sait que la réplique de la grotte Chauvet, au coeur de l’Ardèche, reçoit près de 400000 touristes par an. Ce sont d’ailleurs les mêmes équipes qui ont travaillé sur les deux projets, celles des plasticiens préhistoriens Gilles Tosello et Alain Dalis. Ils ont pu s’appuyer sur des relevés extrêmement précis, recueillis par des scanners laser. La technologie ultramoderne au service de l’art des premiers temps ! Dans un espace de 1750 m2, le public fera un plongeon de plusieurs milliers d’années dans le passé. En préambule, une reconstitution sur écran géant du relief tel qu’il était voilà 30000 ans, durant la dernière époque glaciaire. Un niveau de la mer situé 120 m plus bas et un rivage éloigné de 12 km. Aux alentours, un paysage de steppes avec des arbres disséminés çà et là, dont des pins sylvestres.
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Des chefs-d’oeuvre de l’art rupestre
Pour les artistes de la Préhistoire, l’entrée de la grotte constituait un magnifique point de vue. Ils pouvaient suivre les déplacements des troupeaux de grands mammifères : bisons, chevaux, cerfs, mégacéros, bouquetins, aurochs… Un bestiaire représenté grandeur nature dans une galerie voisine, en compagnie d’un jeune lion des cavernes et d’animaux pingouins). Enfin, une contemporaine du Néolithique, une femme à la peau noire, vêtue de peau de bête, clôture la galerie.
Des nacelles électriques
Après avoir emprunté un ascenseur simulant une plongée à 37 m de profondeur, les visiteurs embarqueront à bord de nacelles électriques silencieuses, se déplaçant dans une semi-obscurité, à la vitesse de 0,377 km/h. Ce rythme permettra d’apprécier les oeuvres reproduites sur les parois, dont 65 empreintes de mains, qui semblent comme un salut des hommes du passé adressé à ceux qui les suivront.
Hacène Chouchaoui