Pendant des décennies, majoritairement préoccupées par la menace du terrorisme islamiste, les agences de renseignement occidentales ont sous-estimé le risque représenté par les ambitions hégémoniques de Pékin. Ces services considèrent aujourd’hui les espions chinois comme la menace la plus importante en matière d’ingérence étrangère. En 2021, un rapport des différentes directions de l’espionnage français a désigné un nouvel ennemi : le Guoanbu, l’un des services secrets les plus puissants et offensifs au monde. Récit d’une guerre méconnue…
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Nous, c’est-à-dire la France et les démocraties occidentales, avons un nouvel ennemi ! Ou plutôt, le renseignement français (DGSE et DGSI) a « identifié » depuis 2021, dans un rapport conjoint, un adversaire à surveiller de très près : le Guoanbu. C’est le nom par lequel on désigne aujourd’hui les services secrets chinois. D’après le film de Nolwenn Le Fustec et Antoine Izambard, il intervient de façon directe et indirecte en France, aux États-Unis et un peu partout dans le monde, et compterait plus de 200 000 agents. Pour museler les opposants, comme l’artiste hongkongaise Lok Kan Cheung, exilée un temps en France, le Guoanbu s’appuierait sur une centaine de « postes de police » installés de façon illégale à l’étranger. Ils seraient dissimulés à l’intérieur d’associations en apparence inoffensives, comme celle de prêt-à-porter qui aurait servi de couverture en France pour intimider, voire menacer des Chinois critiquant le régime actuel.
Chine : opérations secrètes, dimanche 3 mars à 21h05 sur France 5