Aux origines, l’esclavage (France 2) – JoeyStarr découvre un lien de parenté inattendu avec l’impératrice Joséphine de Beauharnais

Publié le 13 mai 2025 à 9:22
© Gedeon programmes
À travers les témoignages de plusieurs personnalités et quelques anonymes, cette quête intime nous plonge dans la terrible histoire du commerce des esclaves.

La traite des esclaves a été une activité très lucrative pour les ports français de la façade atlantique. Du milieu du XVIIe siècle au milieu du XIXe, la France a organisé plus de 4 300 expéditions négrières. 1,5 million d’Africains ont ainsi été arrachés à leur terre natale afin d’être déportés vers nos colonies des Antilles et de l’océan Indien. 

UNE TRAGÉDIE HUMAINE 

Pascal Lemercier a trouvé, en faisant des recherches généalogiques, que son ancêtre avait été capitaine d’un navire négrier au XVIIIe siècle : « Lors de mes recherches, j’ai découvert deux carnets de voyage. Je ne m’attendais pas à trouver un texte aussi dénué d’humanité. C’est extrêmement choquant de se dire que la vie humaine n’avait qu’une valeur marchande. Dans une même phrase, le narrateur indique qu’il a pêché un poisson et jeté une petite Noire à la mer. » Beaucoup de Français sont aujourd’hui les descendants de cette tragique histoire. Comment se construire avec cet héritage ? Des personnalités connues, parmi lesquelles la journaliste martiniquaise Karine Baste, le rappeur martiniquais Kalash, la soprano guyanaise Marie-Laure Garnier, l’ex-footballeur réunionnais Guillaume Hoarau, les comédiens de parents antillais JoeyStarr et Stéfi Celma, ainsi que des anonymes aiguillés par des généalogistes, sont allés à la rencontre de ce passé douloureux. 

JOEYSTARR ET JOSÉPHINE DE BEAUHARNAIS 

Le chanteur découvre que son aïeule, Reine-Sophie, est née esclave en Martinique en 1768. Si une partie de sa descendance reste en servitude, sa petite-fille, Julia, deviendra la compagne de Léon-Joseph Tascher de La Pagerie, une famille puissante de Martinique dont est issue Marie-Josèphe-Rose, plus connue sous le nom de Joséphine de Beauharnais, impératrice des Français. Pas de quoi impressionner JoeyStarr : « Je m’attendais à tout, mais pas à ça ! Si elle savait, elle se retournerait dans sa tombe. » L’acteur se sent plus proche de son arrière-arrière-arrière-cousine Lumina Sophie, meneuse de l’insurrection martiniquaise de 1870, et qui termina sa vie au bagne de Guyane. 

Si, pour certains, la peau s’est éclaircie au fil des générations, la mémoire demeure noire. C’est le cas des descendants de Toussaint Louverture. Émus, ils découvrent la cellule au fort de Joux (Doubs), où leur glorieux ancêtre a vécu ses derniers jours. Parfois, à l’image d’Isabelle, l’histoire prend un tour surprenant. Elle découvre que son ancêtre était un esclave. « Il y avait une légende qui disait qu’il y avait eu des Noirs dans la famille. On parlait d’un jazzman américain », dit-elle. Elle apprendra, par une historienne, que son aïeul, Casimir Fidèle, était un esclave affranchi, né en 1748 en Guinée, devenu hôtelier prospère à Bordeaux. 

LE CYNISME RÉPUBLICAIN 

Si la Révolution abolit l’esclavage en 1794, Napoléon, sous la pression des planteurs, le rétablira en 1802. Il faut attendre 1848 pour qu’il soit définitivement supprimé. Et, comble du cynisme, la République indemnisera les propriétaires terriens de 126 millions de francs or (soit 3 milliards d’euros). Les anciens esclaves continueront d’être exploités sur les plantations pour un salaire de misère. 

Aux origines, l’esclavage, mardi 13 mai à 21h10 sur France 2

Par
Hacène Chouchaoui