C’est la rentrée des classes. Le décor est planté : la sonnerie qui vrille le ventre, les turbulents qui tentent d’entrer avant les autres, Madame la directrice qui les sort manu militari… Bienvenue à Jean-Vilar ! Le collège accueille chaque année plus de 650 élèves, avec une équipe enseignante et encadrante de 50 membres. Ce sont les 3e que le réalisateur Stéphane Gillot et la productrice Andréa Palis ont suivis, pendant un an, à l’âge des possibles, et parfois de l’impossible. « Plusieurs programmes ont été établis pour mettre en valeur les corps de métier. On a la sensation que celui de l’enseignement est toujours mis à mal. On s’est dit : comment procéder pour montrer tout ce que ces gens font pour nos enfants ? », raconte Andréa Palis.
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Un projet qui a mûri pendant plus de deux ans, demandé des mois de réparage et nécessité l’instauration d’une forte relation de confiance entre le personnel de l’établissement et les équipes de tournage. Le choix d’un collège REP a tout de suite été évident. « Il y a une vraie mixité sociale, des histoires de vie différentes, et des professeurs qui font tout pour que chacun ait les mêmes chances que les autres d’y arriver. » Voici Luna, excellente élève, handicapée par ses angoisses et ses acouphènes ; Raphaël, joyeux luron qui, quand il aime bien, châtie bien (trop) ; Duygu, la bonne copine, qui subit des attaques sur son physique ; Lorenzo, le king de TikTok. Toutes et tous conjuguent avec le quotidien du collège, l’année de 3e, si importante, l’envie de plaire… Il y a aussi Marie, la CPE, passionnée par son métier, Mohamed, l’assistant d’éducation « bon copain », ou encore Sophie, la prof de français, prête à tout pour mobiliser son petit monde.
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LES “PIONS” EN PREMIÈRE LIGNE
Au quotidien, enseignants et personnel du collège accompagnent les élèves dans l’apprentissage des matières, mais aussi de la vie. Leur bête noire ? Les téléphones portables et les réseaux sociaux. « Notre rôle, c’est de protéger les élèves quand ils sont là, mais ils ont aussi une vie à l’extérieur, et là, nous n’avons pas la main… », s’inquiète Marie, la CPE. D’où le rôle plus qu’important des AED (assistants d’éducation), plus souvent appelés « surveillants » ou « pions », qui ont un lien permanent avec les ados et veillent au grain en dehors des salles de classe. « On est vraiment au coeur de l’établissement, on a la meilleure position pour être en contact avec les élèves, confie Romane, en poste depuis le mois de septembre. Faire prendre conscience que les mots blessent est un enjeu de taille. On pense à la détresse de Luna, devant cet avenir qu’elle ne voit pas, aux larmes de Duygu, atteinte par les insultes des garçons, et aux aveux de Jassim, l’un d’entre eux, face caméra : « J’ai regretté toute la journée et je regrette encore »… Point d’orgue de la série : la découverte des affectations des uns et des autres et les larmes de joie des professeurs qui, peut-être, donneront envie à certains d’exercer « le plus beau métier du monde ».
Au coeur du collège, dimanche 21 avril à 21h10 sur M6