Seule écrivaine française consacrée par un Prix Nobel, reçu en 2022, Annie Ernaux a fait de sa vie le support de son oeuvre depuis la parution de son premier roman. A l’occasion de son retour à Lillebonne, sa ville natale, alors qu’elle explore les lieux de sa prime enfance, la romancière se confie sur ses vingt-cinq premières années, qui ont résonné durant les six décennies suivantes, et sur ce qui a fait d’elle la femme et l’écrivaine engagée qu’elle est devenue…
Une autrice à succès
« Annie Ernaux, icône du féminisme ? Icône de la littérature ? » À cette double interrogation, qu’on lui adressait dans une émission de télé, la future prix Nobel de littérature 2022 répondait de sa petite voix : « Il y a erreur. » À 84 ans, la native de Lillebonne, en Normandie, a vendu plus de 4 millions de livres dans le monde et est devenue, grâce à ses romans comme Les Armoires vides (1974) ou Mémoire de fille (2016), une figure importante sinon essentielle du mouvement #MeToo.
« Je pense qu’il n’y a pas ma vie, la vie et les livres », confie-t-elle dans ce documentaire. Une phrase clé pour comprendre comment sa vie, celles de ceux qui l’entouraient a servi de matière à un récit universel.
Dans le film, Annie revient ainsi sur l’avortement clandestin qui avait inspiré Les Armoires vides, mais aussi sur ce qu’elle hésite, encore aujourd’hui, à nommer viol, sa première relation intime avec un homme, dans Mémoire de fille. À la fin du documentaire, comme une dernière boutade, elle lance à la réalisatrice, Coralie Miller : « Je n’ai plus rien à dire. » Vraiment ? F.R
Annie Ernaux, je suis née quelque part, vendredi 29 novembre à 22h55 sur France 5