L’arrêt de C8 fait encore beaucoup parler. En février dernier, la chaîne du groupe Canal+ (tout comme NRJ12, ndlr) a fermé définitivement ses portes. L’Arcom a en effet décidé de ne pas renouveler la fréquence TNT de la Huit, en raison notamment de ses nombreuses amendes reçues pour divers dérapages ayant eu lieu principalement dans l’émission de Cyril Hanouna, Touche pas à mon poste.
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À l’époque des auditions ayant eu lieu en marge de la Commission d’enquête sur l’attribution des fréquences différents acteurs de l’audiovisuel, Aymeric Caron était présent pour interroger certains dirigeants. Dans un entretien accordé à Le Média paru ce lundi 27 octobre, le député du parti Révolution écologique pour le vivant, apparenté à La France Insoumise, est revenu sur cette affaire : "Moi je n’aurais pas demandé la fermeture de C8", avoue-t-il, avant de s’expliquer. "Il y a des cahiers des charges lorsqu’une chaîne reçoit un agrément pour être diffusée sur un canal de la TNT gratuite, donc c’est un canal qui est offert en réalité par la puissance publique. La personne qui dirige la chaîne signe un cahier des charges dans lequel il y a des choses très précises et s’engage à le respecter. Il semble que les manquements qui avaient été pointés sur C8, donc non maîtrise de l’antenne, insultes, humiliations de certaines personnalités, avaient été punis, sanctionnés. Il était possible, peut-être, dans le cadre de l’Arcom, notamment et de son pouvoir de sanction, que cette chaîne rentre un petit peu dans le rang de sa convention et respecte ce pourquoi elle avait obtenu son canal. Parce qu’il suffisait finalement d’arrêter des excès."
Aymeric Caron : "Le fait de ne pas fermer CNews a été une décision politique"
Aymeric Caron, lui, aurait souhaité que l’Arcom sévisse avec CNews : "En revanche, il me semble qu’on avait un problème structurel, idéologique avec CNews, qui étaient en contradiction totale avec ces obligations conventionnelles. Notamment le fait de proposer une information qui soit plurielle, qui soit large, qui respecte toutes les opinions, etc. Et moi, j’ai fait la démonstration plusieurs fois dans des interventions à l’Assemblée ou en dialogue avec les présidents de l’Arcom." Pour Aymeric Caron, CNews ne remplit pas son rôle de chaîne d’information : "C’est une chaîne qui désinforme. Vous avez donné une fréquence à une chaîne qui doit donner de l’information sur laquelle il peut y avoir de l’opinion. Ça, ce n’est pas gênant, du moment qu’on comprend que c’est de l’opinion, déjà. Mais ça ne peut pas être, en revanche, une chaîne militante. Ça ne peut pas être une chaîne qui ne soit strictement que de l’opinion.À un moment, on doit quand même avoir des espaces d’information avec tous les critères de qualité qui sont rattachés. C’est minimal. Or, tout nous prouve, on a pu le démontrer des tas de fois avec notre équipe, parce qu’on a beaucoup travaillé sur le dossier CNews, que c’est est une chaîne de militantisme d’extrême droite."
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"Il n’y a que trois thèmes qui sont traités", poursuit Aymeric Caron. "C’est immigration, islam et insécurité. Les trois thèmes étant toujours liés l’un à l’autre. Dans des rapports inventés de cause à effet." Très remonté, le député regrette que le gendarme de l’audiovisuel n’ait pas été plus dur avec CNews : "C’est une honte absolue que l’Arcom ait maintenu sa fréquence à CNews. S’il y avait une chaîne qu’il fallait priver de sa fréquence, ce n’était pas C8, c’était CNews. (…) L’Arcom est un organe politique qui ne remplit absolument pas sa mission, qui n’a aucune indépendance, contrairement à ce qu’il prétend. Et c’est très problématique. Le gendarme de l’audiovisuel est un collège constitué d’un certain nombre de personnes dont les membres sont nommés par des politiques. Président du Sénat, président de l’Assemblée, etc. Donc, elle est où l’indépendance ? Il n’y en a pas. Donc le fait de ne pas fermer CNews a été une décision politique."