L’émission de Cyril Hanouna "Tout beau tout n9uf" se retrouve au cœur d’une nouvelle controverse. Le collectionneur Pierre-Jean Chalençon a tenu des propos jugés racistes envers la ministre de la Culture Rachida Dati lors de l’émission diffusée jeudi 30 octobre sur W9. Le député LFI Aurélien Saintoul a immédiatement saisi le gendarme de l’audiovisuel, plaçant à nouveau le programme sous surveillance.
Un dérapage en direct qui enflamme la toile
Le ton était monté lors d’un débat consacré au cambriolage spectaculaire du Louvre survenu le dimanche 19 octobre. Pierre-Jean Chalençon, âgé de 55 ans et habitué des plateaux télévisés depuis cet événement, s’était lancé dans une longue diatribe sur le niveau culturel des programmes français. L’ancien acheteur de l’émission "Affaire conclue" déplorait l’absence de culture à la télévision et évoquait une proposition passée de Cyril Hanouna : “Rappelle-toi Cyril, il y a quelques années, tu m’avais proposé de faire une chronique sur l’histoire, on aurait dû la faire car tous ces jeunes de banlieues et certaines racailles ne connaissent pas l’histoire de France”.
Enchaînant sur la gestion du dossier du Louvre, le collectionneur napoléonien a pointé du doigt l’inaction supposée de certaines personnalités, dont Stéphane Bern et la ministre de la Culture. C’est alors qu’il a franchi la ligne rouge en lâchant : “Et la, Rachida, et la, Rachida, Rachida la reine du couscous !”. Ces mots, faisant directement référence aux origines de la ministre née en France de parents algérien et marocain, ont provoqué des rires dans une partie du public présent sur le plateau.
Des réactions divisées sur le plateau et une saisine immédiate
L’atmosphère s’est rapidement tendue parmi les chroniqueurs présents. Laurent Fontaine, ancien animateur de TF1, a été le premier à réagir fermement : “Tu vois, monsieur Chalençon, c’est tout le problème avec toi. Et c’est ce qui fait que, pardon, tu n’es pas crédible”. Valérie Benaïm a également manifesté sa désapprobation, invitant le collectionneur à retirer ses propos : “Ce n’est pas bien, ça ne passe pas ça, c’est nul !”.
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Face à la bronca, Cyril Hanouna a d’abord tenté une défense timide de son invité en déclarant : “Non mais, on l’adore”, avant de se raviser rapidement et de conclure : “Oui, c’est nul”. Pierre-Jean Chalençon a finalement accepté de faire marche arrière : “Oui, je retire ce que j’ai dit”, tout en tentant de minimiser l’incident : “Mais on s’en fout, ce n’est pas ça le problème”.
La polémique n’a pas tardé à enfler sur les réseaux sociaux, où l’extrait s’est rapidement propagé. Le député des Hauts-de-Seine Aurélien Saintoul a annoncé avoir saisi l’ARCOM, le régulateur de l’audiovisuel. Dans son message, il n’a pas mâché ses mots : “Évidemment je saisis l’Arcom. Le groupe M6 a fait venir Cyril Hanouna pour ce genre de débordement, il devra en assumer les conséquences”.
Évidemment je saisis l @Arcom_fr. Le groupe M6 a fait venir C. #Hanouna pour ce genre de débordement, il devra en assumer les conséquences.https://t.co/q7EeHZ2PgX https://t.co/URJvCi7wmm
— Aurélien Saintoul (@A_Saintoul) October 31, 2025
Un passif déjà lourd pour Chalençon
Ce nouvel incident s’inscrit dans une série de controverses qui jalonnent le parcours médiatique de Pierre-Jean Chalençon. Révélé au grand public en 2021 avec l’affaire des dîners clandestins organisés en pleine pandémie de Covid-19, le spécialiste de l’époque napoléonienne avait déjà dû quitter France 2 après la diffusion d’une photo le montrant aux côtés de Dieudonné. Il a également perdu son palais Vivienne, mis aux enchères par le tribunal judiciaire de Paris. Lors de l’élection présidentielle de 2022, il avait ouvertement affiché son soutien au candidat d’extrême droite Éric Zemmour.
Pour Cyril Hanouna, cette affaire intervient à un moment délicat. Après l’arrêt de son ancienne émission fin mars suite à de multiples dérapages et la fermeture de C8, l’animateur avait lancé "Tout beau tout n9uf" sur W9 le 1er septembre dernier. Pour éviter de nouvelles sanctions, le programme est désormais diffusé en léger différé, une précaution qui n’a visiblement pas suffi à empêcher la diffusion de cette séquence polémique.
L’ARCOM va maintenant examiner l’extrait pour déterminer si une sanction est nécessaire, plaçant une fois de plus le talk-show sous haute surveillance.