C’est un moment que redoute tous les humoristes. En 2012, Constance, à l’époque star d’On n’demande qu’à en rire, se produit pour la 52e fois sur la scène de l’émission de France 2 dans un sketch ayant pour thème : "Un couturier organise un défilé au Père Lachaise". Toutefois, rien ne se passe comme prévu pour Constance, qui se décompose face à l’absence de rire de la part du public et de jury : "Excusez-moi, ça ne marche pas du tout. Je suis hyper mal à l’aise en fait", déclare-t-elle sur scène, en arrêtant totalement sa prestation. "Quand je l’ai écrit, je trouvais ça drôle et puis là, ça ne marche pas." La comédienne ne reviendra plus par la suite dans ONDAR.
La descente aux enfers de Constance
Le 27 avril dernier, Constance était présente dans Un dimanche à la campagne en compagnie de Marc Lavoine et de Philippe Besson. Au cours de l’émission, Frédéric Lopez a interrogé l’humoriste sur ce moment compliqué de sa carrière : "Je ne suis pas bien dans ma peau, la télé m’abîme, dans ma vie, c’est une torpeur pas possible", se remémore la comédienne, qui ne le savait pas encore, mais était en pleine dépression. "Je suis perdue au milieu de moi-même, je coule… Je suis en train de faire ce sketch et personne ne rit. Je m’arrête en disant : ‘Je suis désolé, ce n’est pas drôle.’ Il y a une espèce d’ambiance de mort. C’est mon premier burn-out, mais je ne le sais pas. Je suis en roue libre. Je pleure sans m’arrêter, deux semaines. Je me dis que j’arrête ce métier. La télé exacerbe ce que je ressens."
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Après une longue "traversée du désert", Constance remonte sur scène mais s’effondre quelques années plus tard en 2021 : "Je reprends des dates, des émissions de radio… Et avant le Casino de Paris, je vais très mal. Mais c’est plein, je dois aller jouer. J’ai envie de me suicider et j’ai tout ce qu’il faut pour le faire. Et mon chien me regarde, et il me sauve. Lui, il me regarde et il me dit : ‘Il n’y aura pas les croquettes à l’heure !’".
Comment l’humoriste s’en est sortie
Au plus mal, Constance accepte de consulter sous les conseils d’une proche et finit par séjourner en hôpital psychiatrique : "J’accepte de rentrer dans une clinique et une amie me dit : ‘Tu vas voir, la première nuit, c’est la plus terrible’. Et c’est la première fois que j’entends des adultes pleurer en appelant leur mère, la nuit. C’est très dur. C’est très froid. Et vous êtes entouré de gens, que ce soit les chefs d’entreprise, des ouvriers… On est tous à égalité. Je rentre dans cette clinique où il y a très peu d’activités, très peu de gens, c’est à échelle presque familiale. Et là, je fais une tentative de suicide dans la clinique. J’essaie de me pendre, de m’étrangler avec un fil électrique. Et il y a une infirmière qui passe à ce moment-là dans le couloir et qui me sauve." Par la suite, c’est grâce à un psychologue que Constance parvient à remonter la pente : "Il venait tous les matins dans ma chambre et je pleurais. Et puis il me dit : ‘Pourquoi vous pleurez ?’. Je lui dis : ‘Parce que j’aimais follement mon métier et que ne pourrais plus jamais le faire. Il me répond : ‘Qui vous a dit ça ?’. Je réponds : ‘Moi’. Il m’a dit : ‘Qu’est-ce que vous en savez ?’ J’ai dit : ‘Rien’. Et je suis remontée sur scène derrière. Et puis, je me suis mise à aimer la vie. J’ai attendu 35 ans pour être heureuse. Et pour me rendre compte que la vie, ce n’est pas lutter contre la mort en permanence."