Léa Salamé au JT de 20h : Aymeric Caron confie être dubitatif face à cette nomination et au “respect du service public”

Publié le 26 juin 2025 à 15:39
Prezat Denis/ABACA
Alors que Léa Salamé s’apprête à succéder à Anne-Sophie Lapix à la tête du 20h de France 2, les réactions se multiplient. Si Delphine Ernotte défend un choix stratégique et assumé, certains émettent déjà des réserves. À commencer par Aymeric Caron, ex-collègue de la journaliste, qui s’interroge ouvertement sur la compatibilité entre la fonction d’incarnation du JT et la vie privée de l’intéressée.

Un vent de changement souffle sur France 2. Le 27 mai dernier, France Télévisions annonçait officiellement qu’Anne-Sophie Lapix quitterait le 20h après huit années passées à la tête du journal. Son dernier JT est prévu pour ce 26 juin, marquant la fin d’un chapitre important pour la chaîne. Mais déjà, l’avenir se dessine. Présente sur le plateau de Quotidien le 24 juin dernier, la présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte, a rendu hommage à la journaliste : "J’ai beaucoup d’admiration pour Anne-Sophie Lapix qui a tenu et a porté haut ce journal pendant huit ans avec le professionnalisme, la rigueur et l’indépendance qu’on lui connaît".

Delphine Ernotte justifie son choix

Ce changement n’a pas été décidé à la légère. La dirigeante du groupe audiovisuel public a justifié cette transition par une volonté d’évolution : "C’est vrai que c’est un troisième mandat, le journal doit continuer à évoluer parce qu’on est pas mal remis en question par les chaînes d’infos, les réseaux sociaux, donc il faut une évolution permanente. Et j’ai pensé qu’il fallait aussi une nouvelle incarnation pour ce nouveau 20h". C’est donc Léa Salamé qui assurera la relève à la rentrée prochaine.

Une nomination inattendue, comme l’a précisé Delphine Ernotte. Le nom de Caroline Roux avait d’abord été envisagé, mais cette dernière a finalement décliné l’offre. C’est alors que la conversation s’est ouverte avec Léa Salamé : "J’avais proposé le 20h à Caroline Roux qui finalement a décliné, donc là dans la discussion avec Léa Salamé, je lui dis ‘écoute Léa faut que tu y ailles’. Elle n’en a jamais rêvé du 20h, donc c’est pas Léa Salamé qui est venue me dire, ‘je veux le 20h’". Un concours de circonstances, mais aussi un pari sur l’expérience et la popularité d’une figure bien connue du service public.

Aymeric Caron pas convaincu par l’arrivée de Léa Salamé au JT de 20 heures

En parallèle du 20h, Léa Salamé conservera l’animation de son talk-show Quelle époque !, diffusé le samedi soir : "Il se trouve qu’elle va faire le 20h du lundi au jeudi, elle a le vendredi de libre, je trouvais ça dommage qu’elle arrête Quelle époque !". Interrogée sur les critiques liées au compagnon de la journaliste, le député européen Raphaël Glucksmann, Delphine Ernotte a été catégorique : "Quand il était en campagne pour les Européennes, elle s’est mise en retrait. On ne peut pas résumer la grande Léa Salamé uniquement à son compagnon".

Et s’il y a quelqu’un qui est critique sur ce point, c’est bien Aymeric Caron qui a autrefois été chroniqueur aux côtés de Léa Salamé dans On n’est pas couché de Laurent Ruquier. "C’était une camarade sympathique et sérieuse. Mais ce n’est pas remettre son professionnalisme en cause que de pointer des tiraillements à venir entre sa fidélité personnelle et ses obligations professionnelles", a-t-il commencé par confier à Gala. Et de reprendre : "Son compagnon est un personnage politique qui veut jouer un rôle de premier rang, or le JT nous propose une lecture des événements et de la société avec une hiérarchisation de l’info et des interviews politiques. Je me demande comment ce mélange va s’opérer dans le respect du service public". Affaire à suivre. 

Par
Kahina Boudjidj