Jean-Benoît Diallo brille au festival Lillarious : « Je ne crains pas l’humour grinçant »

Publié le 4 février 2026 à 13:18
Alex Dinaut
Présent à Lille dans le cadre du festival Lillarious, Jean-Benoit Diallo a confié à Télé 7 Jours son ressenti sur ce rendez-vous de l’humour, mais aussi sur sa vision du métier.

Vous participez aux trois représentations du gala de Samuel Bambi, comment avez-vous vécu la première soirée ?

J’ai trouvé le public super. Je suis passé le premier sur scène, on se demande toujours comment ça va se passer la soirée, comment va réagir le public… Ils ont tout de suite été dans l’ambiance.

Est-ce l’approche d’un gala est différente de celle d’un spectacle solo pour un humoriste ?

Si on commence à se dire « le public n’est pas venu pour moi, il est là pour voir d’autres gens », tu te mets des bâtons dans les roues. Il faut faire comme en comedy club, et débarquer avec son humour. Le but est de faire découvrir des choses que le public n’a pas l’habitude de voir ou d’entendre. Et surtout de les faire marrer, c’est ça la petite récompense. 

Comment pourriez-vous définir votre style d’humour ?

J’essaye de surfer dans plusieurs univers, car c’est ce qui me définit. On peut passer de choses un peu « intello », avec de véritables réflexions, à de l’humour de « gros beauf ». J’aime tous les styles, mais je ne dirais que je ne crains pas les choses grinçantes. C’est un humour un peu sociétal, piquant. J’essaye d’y intégrer ma vision de la vie.

Aborder des sujets de société est important pour vous ?

Je le fais avant tout parce que ça me plait. J’ai été nourri à ça. J’aime aller chercher des choses qui sont autour de ma vie, qui peuvent nous parler à tous et nous amener à nous interroger, quitte à casser quelques petits codes et aller déranger un peu. Depuis qu’on est gamin, on vit tous des choses selon nos sphères ou nos communautés.

Il y a-t-il des artistes que vous appréciez particulièrement ?

J’ai commencé par regarder Elie Kakou : j’avais quatre ou cinq ans, et même si je ne comprenais rien j’adorais ! Ses expressions, ses déplacements, ses changements de tête… Tout me faisait rire. Il y a aussi Les Inconnus m’ont beaucoup inspiré, avec le côté transgressif et populaire. Ils arrivaient à toucher tout le monde, tout en étant très engagés. Dans les artistes plus actuels, j’aime également beaucoup Roman Frayssinet. Il pose sa vision sur des choses que tout le monde vit, et ça permet d’aller choper des rires.

Quelle vision avez-vous des réseaux sociaux, qui sont devenus de véritables outils pour les humoristes ?

Ça a énormément changé la donne. Maintenant les productions regardent vraiment les réseaux sociaux, pour voir si on est déjà bien développé, avec une communauté… L’autre avantage, c’est qu’on peut aussi se passer de production si l’on sait déjà gérer l’administratif et que l’on a monté une équipe. Beaucoup d’artistes aujourd’hui sont totalement indépendants. Avant, les humoristes n’avaient pas les réseaux sociaux pour obtenir cette liberté. On peut se débrouiller seul, on n’a plus d’excuse !

Par
Aurélien Gaucher