Ce lundi 30 juin à Marseille, plusieurs personnalités ont été entendues dans le cadre d’une enquête judiciaire portant sur l’organisation du Nice Climate Summit et de l’Eurovision Junior 2023, deux événements organisés à Nice et financés en partie par la municipalité. Parmi elles ? Delphine Ernotte-Cunci, présidente de France Télévisions, auditionnée comme témoin. L’enquête, confiée à la section de recherches de la gendarmerie de Marseille, vise à déterminer s’il y a eu prise illégale d’intérêts, détournement de fonds publics ou faux en écriture publique, notamment en lien avec la participation active de Laura Tenoudji, épouse du maire de Nice Christian Estrosi, à ces événements.
Delphine Ernotte sortie libre de garde à vue
Des soupçons soulevés par des signalements, dont l’un déposé par des élus écologistes de la ville. À l’issue de son audition, Delphine Ernotte est ressortie libre de sa garde à vue, sans qu’aucune charge ne soit retenue contre elle. Le groupe audiovisuel public a réagi dans un bref communiqué, déclarant qu’il "collaborera pleinement à cette enquête" et que sa présidente "entend réserver ses explications aux autorités judiciaires". France Télévisions avait été l’un des partenaires majeurs de l’Eurovision Junior, retransmis sur ses antennes. Si c’est sur ce sujet que Delphine Ernotte a fait les gros titres cette semaine, après s’être exprimée sur l’éviction d’Anne-Sophie Lapix, elle s’est confiée à nos consoeurs du magazine Elle.
Elle évoque le sexisme dans le cadre professionnel
Elle a évoqué plusieurs sujets et notamment celui du sexisme dans le milieu professionnel… Elle a d’abord confié : "Je ne crois pas qu’il ait nui à ma carrière au sens où on l’entend, mais il l’a façonnée. Depuis toujours, j’ai pris l’habitude de ne jamais être là où l’on m’attend. Lors de ma première expérience professionnelle, j’étais la centralienne dans un monde de polytechniciens qui considéraient que je savais à peine compter. J’étais aussi une femme dans un monde d’hommes".
"Et quand je suis arrivée dans les médias, personne ne me connaissait, et réciproquement…J’ai très vite intégré le fait que pour avancer dans ma carrière il fallait que je prenne des jobs durs, peu prisés, et non les postes les plus gratifiants, parce que là j’avais une chance de passer. La question de l’illégitimité, ça fait juste cinquante ans qu’on me la fait. Je ne dis pas que ça ne m’atteint pas, mais ça ne m’empêche pas d’avancer", a-t-elle ajouté.
La présidente de France Télévisions féministe ?
S’il lui est déjà arriver d’adapter sa tenue en fonction de la présence d’un homme ? "Quand je sentais qu’une réunion allait être difficile, j’avais tendance à mettre des talons pour être au même niveau que les hommes, à hauteur de regard, fixer horizontalement, et ça marche très bien. Mais je n’en mets plus, flemme ! [Rires.]", a-t-elle indiqué au magazine Elle. Nos consoeurs lui ont également demandé ce qu’elle ferait si elle avait une baguette magique féministe et la réponse ne s’est pas faite attendre.
"Les salaires, pour mettre tout le monde sur un pied d’égalité, et je revaloriserais les professions majoritairement féminines : les infirmières, les médecins, les magistrats. L’indépendance financière, c’est fondamental", a-t-elle martelé. Et de conclure avec un exemple personnel : "Dans ma famille, les femmes ont toujours travaillé. Mon père, qui a poussé ses filles à faire des études, nous disait : ‘Soyez indépendantes financièrement, parce que les hommes sont des salauds’, et j’en sais quelque chose".