La participation d’Israël à l’Eurovision continue de faire parler. Alors que la guerre continue de faire rage à Gaza entre Tsahal et le Hamas, beaucoup d’observateurs du célèbre concours de chant s’interrogent quant à la légitimité pour le pays de continuer à se produire à l’Eurovision. Pour rappel, l’Union européenne de radio-télévision (UER) avait décidé d’exclure la Russie en 2022 à la suite de l’invasion en Ukraine. Certains eurofans rencontrés à Bâle lors de la dernière édition de l’Eurovision estimaient que l’UER se devait de porter également ses responsabilités en excluant des pays comme l’Azerbaïdjan et Israël, dont les actes militaires ont été pointés du doigt par la communauté internationale, que ce soit respectivement dans la zone du Haut-Karabagh ou dans la bande de Gaza.
Les polémiques s’enchaînent à l’Eurovision
Ainsi, ces dernières années, les polémiques ne cessent d’enfler autour de la candidature d’Israël à l’Eurovision, comme a pu l’observer Télé 7 Jours sur place. L’an dernier, à Malmö et même cette année à Bâle, des manifestations ont eu lieu afin de dénoncer la candidature du pays, tandis que les huées se faisaient entendre lors de chaque passage sur scène des différentes représentantes. La controverse s’est intensifiée lors du télévote du public, largement remporté par Israël et sa chanteuse Yuval Raphael, puisque cette dernière a glané 297 points au classement final lui permettant de finir deuxième, elle qui n’était que 15e du vote du jury.
Depuis, le système de vote mis en place par l’UER est très critiqué par les fans de l’Eurovision. Face à la polémique, Martin Green, le directeur du concours, a tenu à faire une mise au point dans une lettre ouverte publiée ce vendredi 23 mai : "Le système de vote de l’ESC comprend de multiples couches de sécurité et un ensemble complet de règles pour garantir la validité des résultats. Notre partenaire de vote utilise des systèmes redondants et des plates-formes multiples pour garantir l’acheminement correct des votes vers le système central. Pour le concours Eurovision de la chanson, des systèmes spécialement conçus sont utilisés pour surveiller et prévenir la fraude. En outre, plus de 60 personnes à Cologne et plusieurs autres à Vienne et à Amsterdam surveillent le processus de vote dans chaque pays et maintiennent un contact direct avec les partenaires de télécommunication et de radiodiffusion dans le monde entier. L’ensemble du processus, y compris le calcul des résultats de la plateforme et les résultats du vote, est minutieusement examiné et vérifié par EY."
Les organisateurs vont enquêter sur leur système de vote
Martin Green a ensuite déclaré qu’il allait se pencher sur le système de publicité abusive mis en place par certains pays pour mettre en avant leur candidat : "Cette promotion est autorisée par nos règles et nos actes pour célébrer les artistes, accroître leur notoriété et lancer de futures carrières. Mais nous voulons nous assurer que cette promotion n’affecte pas de manière disproportionnée la mobilisation naturelle des communautés et des diasporas que nous observons dans tous les votes du public des spectacles. Un autre exemple est le nombre de votes que nous autorisons par personne – 20 par méthode de paiement. Cette mesure vise à garantir que les spectateurs de tout âge puissent voter pour plus d’une de leurs chansons préférées et rien ne prouve actuellement qu’elle a un effet disproportionné sur le résultat final, mais la question a été posée et nous l’examinerons." Certains pays ont d’ores et déjà réclamé des changements, comme l’Espagne, l’Irlande, l’Islande, la Belgique ou encore la Finlande.