Le 20 juin dernier, Envoyé spécial diffusait sur France 2 un reportage intitulé Législatives : un choix crucial. Sur les réseaux sociaux, un extrait de l’émission a été énormément commenté. Dans la vidéo, on peut voir une femme, Divine Kinkela, une aide-soignante dans le Loiret recevoir des insultes racistes de la part de ses voisins, militants pour le Rassemblement national. "On est chez nous, alors tu dégages !", pouvons-nous entendre, alors que la victime assure également avoir été la cible de cris de singes tout en étant qualifiée de "bonobo". Le retentissement fut tel que le Garde des Sceaux Éric Dupont-Moretti a demandé des sanctions, puisque l’auteure des propos racistes travaille au tribunal de la ville : "J’ai demandé aux chefs de la cour d’appel d’Orléans un rapport immédiat en vue de la suspension à titre conservatoire de la fonctionnaire du tribunal de Montargis pour ses propos absolument inadmissibles tenus dans cette vidéo. La haine n’aura jamais sa place dans nos tribunaux."
De plus, le magazine Envoyé spécial a également été la cible de vives critiques vis-à-vis de la pluralité des opinions présente dans son reportage. La rédaction de l’émission que présente Élise Lucet a ainsi fait une mise au point dans un communiqué en assurant que le principe d’équité avait été respecté : "Depuis sa diffusion, un court extrait a été massivement partagé sur les réseaux sociaux et a suscité de nombreuses réactions. Toutefois, il convient de prendre en compte l’entièreté du reportage diffusé pour se faire une opinion sur le travail de la rédaction d’Envoyé spécial.(…) Sur le reportage d’une durée totale de 32 minutes, les parts de temps d’antenne de chaque formation politique sont les suivantes, en incluant les soutiens exprimés par les Français rencontrés sur l’ensemble des tournages : RN et soutiens : 38,28%, NFP et soutiens : 33,69%, Ensemble! et soutiens : 15,09%, LR et soutiens : 12,92%."
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"Nous précisons que Divine Kinkela, aide-soignante dans le Loiret, bien que n’exprimant de soutien particulier à aucun parti, a été comptabilisée dans le temps de parole NFP suite aux publications sur ses réseaux sociaux en faveur du PCF", ajoute la rédaction. "L’altercation avec sa voisine, bien que celle-ci manifeste son soutien au RN par les affiches collées sur sa maison, n’a été comptabilisée ni en soutien RN ni en soutien NFP, les deux intervenantes parlant en même temps."
Les équipes d’Envoyé spécial ont conclu en affirmant être en règle en terme du respect du temps de parole de chaque parti politique : "Un seul dirigeant national, Jordan Bardella, président du RN, apparaît à l’antenne, puisqu’il se trouvait en déplacement dans le Loiret au moment du tournage. Toutes les listes et candidats de chaque circonscription ont par ailleurs été présentés à l’écran. Conformément aux critères pris en compte pour l’équité (représentativité nationale et dynamique de campagne dans les sondages des différentes formations politiques), le reportage d’Envoyé Spécial respecte donc en tous points la règlementation de l’Arcom en matière de pluralisme dans le cadre des élections législatives. La rédaction d’Envoyé Spécial réfute totalement les accusations selon lesquelles l’émission serait « ultra-politisée à l’extrême gauche », accusations qui n’ont aucun fondement, ni pour le reportage concerné, ni pour aucun autre. Les journalistes d’Envoyé Spécial n’ont qu’une seule carte : leur carte de presse."