« Des quartiers où les islamistes ont pris le pouvoir » : Léa Salamé rappelée à l’ordre par le Conseil de Déontologie Journalistique

Publié le 3 février 2022 à 12:17
Nathalie GUYON-FTV
Sans apporter de preuve à ses dires, Léa Salamé n'a pas respecté certaines règles de déontologie, d'après le CDJM.

Le Conseil de Déontologie Journalistique et de Médiation (CDJM) a publié il y a quelques jours une nouvelle décision sur son site après avoir été saisi à sept reprises au sujet de l’interview de Jean-Luc Mélenchon par Léa Salamé, qui a eu lieu le 2 octobre 2021 dans On est en direct sur France 2. Trois des saisines reprochaient à la journaliste "son ton, jugé irrespectueux et agressif". "Les journalistes sont libres du ton et du style qu’ils adoptent, choix qui relève de l’éditorial, même si on peut déplorer qu’il varie en fonction des interlocuteurs", a répondu le CDJM. 

Toutefois, la teneur des saisines a été jugée "partiellement fondée". En effet, le CDJM considère que certaines des règles de déontologie concernées n’ont pas été respectées quand Léa Salamé, pour tenter de déstabiliser Jean-Luc Mélenchon, a tenu tête au politicien en affirmant sans la moindre preuve qu’"il y a des quartiers où les islamistes ont pris le pouvoir aujourd’hui en France". Sa réponse "Si vous le dites…" à son interlocuteur qui niait cette affirmation "laisse même entendre qu’elle sait que la phraseil y a des quartiers où les islamistes ont pris le pouvoir est véridique", alerte le Conseil. "Dans l’échange qui suit, Mme Salamé précise : ‘Je vous pose la question’. Mais (…) cela n’efface pas le fait qu’elle a pris à son compte une affirmation, sans l’appuyer par des faits", explique  la décision du CDJM. Le Conseil précise qu’au 11 janvier, soit trois mois après avoir contacté France Télévisions, Léa Salamé et Laurent Ruquier à ce sujet, "aucune réponse n’est parvenue au CDJM".

"L’objet de cet avis n’est pas de dire s’il y a ou non en France des quartiers contrôlés par des militants islamistes, mais de se prononcer sur le respect de la déontologie du journalisme", rappelle l’organisation. "Les griefs portant sur le ton de Mme Léa Salamé sont irrecevables et que la règle déontologique d’offre de réplique a été respectée, mais que celle de respect de l’exactitude et de la véracité a été enfreinte" conclut-elle.
Hugo Mallais

Par