Kali est une ancienne recrue des Forces Spéciales qui part au Brésil venger la mort de son mari dans le sang. Voilà un personnage comme on n’en voit peu !
Sabrina Ouazani. Quand Julien Seri, le réalisateur, m’a parlé du personnage de Kali et de son film, j’ai trouvé ça couillu et audacieux. Je me suis même demandé s’il avait vraiment trouvé des financeurs ! (Rires). Pour moi, c’était un challenge, j’avais envie d’être à la hauteur des attentes de Julien et de toute l’équipe de production. C’est un vrai film de genre, assumé, avec des scènes très violentes, de torture. Est-ce qu’on a vraiment envie de voir une femme faire tout ça ? Oui ! Tout le monde y a cru et on a marché main dans la main dans un seul et même but : faire le meilleur des films.
En France, ce sont toujours les mêmes visages qu’on retrouve dans ce genre de cinéma : Alban Lenoir, Franck Gastambide… Alors qu’aux Etats-Unis, on est capable de donner ces rôles à des femmes !
Complètement. Pour moi, Kali, c’est encore une petite pierre à l’édifice qui tend vers ce changement et cette transition. J’espère que bientôt, on ne s’étonnera plus d’avoir une actrice française dans le rôle principal d’un film musclé. Je suis contente que ça évolue dans ce sens, j’espère qu’il va y avoir de plus en plus de rôles comme celui-ci, que les petites filles vont aussi se rêver en combattantes.
"Non, elle n’est pas drôle, Sabrina Ouazani"
"Combattante" : c’est un terme qui vous va bien…
Ça me touche beaucoup… C’est vrai que ce métier n’est pas de tout repos. C’est un milieu qui peut être difficile, violent parfois, encore plus quand tu es une femme, maghrébine, musulmane, et banlieusarde. Ce sont plein de petits combats éreintants, qui te détournent parfois de ta passion ou de ton envie première. Moi, je fais ce métier pour kiffer, pour faire passer des émotions et des messages, éveiller les consciences, et me sentir libre. Pas pour me justifier de ce que je suis.
Vous évoquez souvent en interview le syndrome de l’imposteur. Où en êtes-vous sur le sujet ?
Je fais ce métier depuis 22 ans et je me sens à ma place depuis 4 mois. Je travaille dur depuis toujours, j’apprends mon texte, je me tiens correctement, je suis disciplinée, à l’heure, j’aime mon métier, j’essaye de vivre des expériences pour nourrir mes personnages. Je crois que je suis légitime. Face à certains regards, je me suis dit : "Pourquoi tu les laisse douter ? Pourquoi tu leur offres ça ?". J’ai eu beaucoup de chance, mais je n’ai rien volé.
Vous avez l’impression d’avoir, parfois, été mise dans des cases ?
Sans cesse. J’ai commencé par faire des films d’auteur avec Abdellatif Kechiche, Claude Miller, Cédric Klapish. Puis j’ai voulu passer des castings pour des comédies mais les gens se sont dit "Non, elle n’est pas drôle, Sabrina Ouazani". J’ai quand même tourné De l’autre côté du periph et Pattaya puis du coup, j’étais la comique de service. Je suis actrice ! Je peux tout jouer ! Une étiquette devrait en chasser une autre. C’est une vraie bataille pour moi…
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"Je suis sur l’écriture de mon long-métrage"
Qu’avez-vous fait de plus fou sur le tournage de Kali ?
Incarner un agent des forces spéciales demande beaucoup de précision, de rigueur, et de discipline dans la manière de se déplacer, de se battre, de pointer son arme… J’ai appris de multiples techniques de combat et de jiu-jitsu brésilien dont une, un peu basique, avec lequel tu peux endormir quelqu’un… Ce que j’ai fait avec un figurant ! (Rires). C’est super efficace.
Prochaine étape : la réalisation d’un long métrage ?
Pendant des années, on m’a tanné avec ça parce qu’il y avait une petite mode des actrices qui passaient derrière la caméra. Mais je n’avais rien à raconter, rien à dire jusqu’au jour où j’ai réalisé mon premier court-métrage, On va manquer ! en 2018. Depuis 4 ans, je suis sur l’écriture de mon long-métrage. J’espère qu’on va me permettre d’avoir les financements pour le tourner…
Vous verra-t-on dans la prochaine saison de Validé ?
Non, je n’y serai pas. On m’a proposé d’y participer mais je n’étais pas disponible à ce moment-là. Mais je suis très curieuse de voir ce que va donner ! Je suis sûre que ce sera super…