« Ridicule », « spectacle sexiste », « scènes érotiques vulgaires » : critiques cinglantes après la projection à Cannes de The Idol avec Lily-Rose Depp

Publié le 24 mai 2023 à 10:52
Présentée en avant-première mardi au Festival de Cannes 2023, la très attendue série The Idol avec Lily-Rose Depp et Abel Tesfaye (alias le chanteur The Weeknd) a été décriée d’une partie des journalistes présents.

Lancée aux Etats-Unis le 4 juin prochain sur HBO (et disponible à partir du 5 juin sur Prime Video dans le pass Warner), The Idol met en scène Lily-Rose Depp dans la peau de Jocelyn, une ancienne pop star bien décidée à revenir au sommet après une tournée difficile marquée par une profonde dépression nerveuse. Pour redevenir la chanteuse la plus sexy d’Amérique, elle peut compter sur le soutien de Tedos (Abel Tesfaye alias The Weeknd), un propriétaire de boite de nuit au passé trouble avec lequel elle vit une folle passion. Mais si cette romance peut la faire revenir au sommet, elle peut aussi l’entrainer dans la partie la plus sombre de son âme. 

Avant même son lancement, cette série qui est l’une des plus attendues de l’année, fait déjà beaucoup parler. Et pas forcément en bien. La preuve avec les premières critiques de la presse publiées mardi après la projection de The Idol au Festival de Cannes. "Beau gâchis", lance ainsi sur Twitter le journaliste Renan Cros (CinemaTeaser, Trois couleurs) qui présente le Cercle Séries sur Canal+. "Plutôt prenant quand c’est un vrai/faux biopic cruel de Britney Spears, vraiment ridicule et gênant quand ça se transforme en 50 nuances de Grey : Popstar édition", ajoute-t-il. "Pour l’instant que The Idol, comme Basic Instinct, entend émoustiller ses spectateurs avec ses scènes érotiques aguicheuses, vulgaires et fières de l’être, où le sexe est présenté comme un jeu dangereux, pervers, potentiellement mortel", écrit plus modéré Première.

Une vision misogyne 

"J’ai passé un très bon moment avec The Idol, un film impitoyable et très réaliste sur le genre de bêtises prétentieuses et misogynes qui pourraient être réalisées par un enfant jouissant d’un privilège scandaleux et qui se prend pour Lars von Trier !", a commenté ironiquement Robbie Collins de The Telegraph. "On a assisté à un spectacle plutôt sexiste, gratuitement outrancier, et qui, sur la forme, clinquante et très soignée, rappelle des films comme Basic Instinct en plus trash et plus sordide", pointe Le Parisien en soulignant par contre l’impressionnant portrait fait des personnages évoluant dans l’industrie de la pop.

Si les journalistes français trouvent certaines qualités aux deux épisodes visionnés sur la Croisette, la presse américaine paraît, elle, en état de choc face à certaines scènes de sexe comme la séquence de Lily-Rose Depp avec de la semence sur le visage. "Le problème, c’est que la vision du monde de Levinson semble corrompue. La dégradation et la souffrance ne devraient pas être nécessaires pour rendre Jocelyn plus forte", analyse Variety.

"Depp est tout à fait captivante avec, pour le moins, une performance hautement sexualisée qui est également ancrée et souvent vulnérable, abordant de manière déconcertante les frontières ténues entre le porno et l’art, le pouvoir et l’exploitation auxquelles sont confrontées les jeunes femmes dans l’industrie de la musique depuis des années", réagit pour sa part Deadline sur cette série dont le tournage a aussi fait l’objet d’une intense polémique.

Clara Kolodny

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