Avis aux fans de The Witcher. Si certains détails de la série Netflix ne vous plaisent pas, ce n’est pas vers Andrzej Sapkowski qu’il faut forcément se tourner. L’auteur polonais vient en effet de révéler qu’il n’avait aucune influence sur la série adaptée de ses romans. "Peut-être que je leur ai donné des idées, mais ils ne m’ont jamais écouté. Mais c’est normal", a-t-il ainsi affirmé lors de la Vienna Comic-Con. Sur sa lancée, il s’est d’ailleurs mis à imiter le ton dédaigneux que pourrait lancer un cadre de Netflix en découvrant ses propositions. "Qui est-ce ? C’est un écrivain, ce n’est personne", a-il ainsi lancé en se moquant de l’équipe de la plateforme.
Ses propos donnent un éclairage intéressant sur la manière dont l’équipe de The Witcher travaille sur la série qui s’éloigne régulièrement des romans dont elle est adaptée. Ce qui ne plait pas toujours aux fans qui ne se gênent pas pour le faire savoir. Pointés du doigt, les artisans de The Witcher sont plusieurs fois sortis du silence pour défendre les différences entre la série et les romans. "Lorsqu’une série est destinée à un grand nombre de spectateurs, avec des expériences différentes, venant de différentes parties du monde, et qu’une grande partie d’entre eux sont américains, ces simplifications ne sont pas seulement logiques, elles sont nécessaires. C’est douloureux pour nous, et pour moi aussi, mais le niveau plus élevé de nuance et de complexité aura une portée plus réduite, il n’atteindra pas les gens", a notamment affirmé en août dernier Tomek Baginski, le producteur exécutif de la série, au site d’information polonais Wyborcza.
Egalement interrogé lors du Vienna Comic-Con sur ce qu’il pense des adaptations en général, Andrzej Sapkowski a offert une réponse tout aussi cash. "Toutes les adaptations que j’ai vues m’ont paru étranges. C’est le mot juste, je suppose. Étrange ou quelque chose qui m’étonne, parce que ma matière première quand je travaille, ce sont les lettres, rien que les lettres. Je ne décris pas d’images. Je ne vois pas d’images. J’utilise les lettres uniquement parce que je sais que mon lecteur ne verra dans le livre que les lettres, et non les images, et que je dois donc utiliser mes lettres pour que le lecteur imagine les images, et non l’inverse. Je n’imagine pas les images pour que le lecteur les voie et dise ‘wow’. Chaque adaptation visuelle est donc tout simplement étrange pour moi. Je la regarde et je me dis "Whoa, c’est comme ça qu’ils l’ont imaginée, c’est intéressant". Parfois, cette impression visuelle est très agréable pour moi, sympathique, parfois elle ne l’est pas, mais je ne m’étendrai pas sur le sujet", a-t-il confié.