C’est l’une des affaires qui a passionné les Etats-Unis pendant près de trois décennies. En 1990, le corps d’une jeune femme est découvert au bord d’une route. Si elle est encore vivante lorsque la police la retrouve, la victime, qui a été écrasée par une voiture, décède rapidement. C’est le début d’une passionnante enquête qui n’aura son point final que 27 ans plus tard – en 2017 – et qui est racontée dans un documentaire « true crime » de Netflix.
Disponible sur la plateforme américaine depuis le 6 juillet, ce film baptisé Girl in The Picture revient sur cette mystérieuse affaire aux multiples rebondissements. La victime écrasée est rapidement identifiée. La police découvre qu’il s’agit de Tonya Hughes qui laisse derrière elle un fils, Michael, ainsi qu’un mari Clarence Hughes qui affirme que sa femme était partie à l’épicerie. Mais en contactant la mère de la jeune femme, les forces de l’ordre découvrent qu’elle est décédée alors qu’elle n’était qu’enfant.
Un long calvaire
Après un appel à témoins télévisé quatre ans plus tard, les enquêteurs découvrent que la victime vivait en effet sous une fausse identité. L’une de ses anciennes camarades de classe, qui l’a reconnue à la télévision, contacte la police pour expliquer qu’elle s’appelle en réalité Sharon Marshall et qu’elle a grandi aux côtés de Warren Marshall, son père abusif qui a décidé ensuite de se faire passer pour son mari et qui l’a violée pendant des années avant de lui donner la mort. Il a par ailleurs aussi avoué avoir tué Michael, le petit garçon de Suzanne.
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Et les surprises ne s’arrêtent pas là puisque l’enquête permet de découvrir qu’il s’agit là encore d’un faux nom. Tonya Hughes/Sharon Marshall n’est autre, en réalité, que Suzanne Marie Sevakis qui est portée disparue depuis les années 1970. La petite fille et ses 3 frères et sœurs ont été enlevés par le mari de leur mère (Franklin Delano Floyd devenu ensuite Clarence Hughes) alors que cette dernière purgeait une peine de 30 jours de prison pour des chèques sans provisions. Si deux membres de la fratrie ont été retrouvés et placés dans des familles d’accueil, Suzanne et son frère n’avaient jamais été retrouvés.
Le grand absent du documentaire
Si l’histoire de Suzanne est intrinsèquement liée à celle de son demi-frère Philip, le documentaire de Netflix n’évoque absolument pas le parcours tout aussi mystérieux de ce dernier qui a été porté disparu jusqu’en 2020. Ce dernier, que tout le monde pensait retenu par le bourreau de sa sœur, a en réalité été adopté bébé par un couple. Rebaptisé Steve Patterson, il a été officiellement identifié en 2019 après un test ADN, selon Forensic Magazine.
Clara Kolodny