Dans quel état allons-nous retrouver Luc dans cette 4ème saison ?
Bruno Gouéry. Alors l’état est toujours le même ! (Rire) Un peu perché, singulier, toujours à faire des choses qu’on n’attend pas. Et tout ce qui arrive dans sa tête finit toujours par sortir par sa bouche ! (Rire). En revanche, il va montrer d’autres facettes de sa personnalité, on va le découvrir un peu plus dans l’intimité et surtout, il sera plus présent encore que dans les saisons précédentes… J’ai encore plus de choses à défendre, je suis ravi.
Comment s’annonce cette quatrième saison de Emily in Paris ?
Il va y avoir de la mode, du glamour, de la comédie romantique, du Paris mais pas seulement ! Je peux déjà vous dire que les personnages de la série se rendront à Megève et à Rome. Le public va en prendre plein les yeux … Et puis, il y a de plus en plus de Français au casting. Ceux qui aiment Emily in Paris ne vont pas être déçus du voyage.
Une partie du tournage s’est effectivement déroulée à Rome. Avez-vous apprécié la Dolce Vita ?
J’ai adoré surtout parce que je suis d’origine italienne. Ma mère est de là-bas, mon frère vit à Rome, je suis profondément lié à cette culture. Il s’est passé quelque chose de vraiment particulier sur le tournage. Quand on est arrivé, il y a eu une débauche de soleil, d’énergie, de bienveillance de la part des gens qui nous ont accueillis à un bras ouvert.
Bruno Gouéry : son rôle dans Emily in Paris lui a changé la vie !
Luc est l’un des personnages les plus attachants. Comment l’expliquez-vous ?
Je pense qu’inconsciemment, les gens ont de l’affection pour le comique de service, celui qui ne montre pas forcément la partie la plus reluisante de lui-même mais, au contraire, sa vulnérabilité et ses maladresses. Je dois aux auteurs de la série de me donner la possibilité de montrer cette par-là de moi et de mon travail d’acteur.
Ce rôle a-t-il changé votre vie ?
Oui, même si ça me fait bizarre de le verbaliser. D’abord dans mon rapport aux gens et au public : je ne suis plus un inconnu ! Quand je suis dans un aéroport, un restaurant, ou dans la rue, on me reconnait et je mesure l’impact phénoménal de cette série. C’est invraisemblable, je n’en reviens toujours pas. Je ne vais plus chercher mon fils à l’école, non pas parce que je ne veux pas croiser les gens mais pour que mon garçon ne soit pas associé à mon personnage ou ma carrière. En tant qu’acteur, la série a été un accélérateur, évidemment, puisque j’ai été choisi ensuite par des réalisateurs américains ou pour tourner dans une série comme The White Lotus. Je suis tous les jours reconnaissant envers le créateur de Emily in Paris, Darren Star, de m’avoir offert cette exposition.
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Et en même temps, on sent votre envie de ne pas trop bousculer les choses, de continuer le théâtre, votre passion première par exemple…
J’aimerais beaucoup remonter sur scène mais l’économie dans laquelle je suis actuellement fait qu’il est difficile de m’engager pour des rôles au théâtre qui nécessitent six ou sept mois de présence, tous les soirs. J’ai dû apprendre à dire "non" et c’est très compliqué quand on a passé des années à attendre des rôles.
Le grand spectacle vous attire également. Parlez-nous du long-métrage Loups-Garous qui sera proposé sur Netflix en fin d’année 2024 !
C’est un film très familial qui va plaire aux spectateurs de 7 à 77 ans. Il mélange fantastique, comédie d’aventure, voyage dans le temps… C’est un cocktail détonant et explosif ! Je joue le rôle d’un personnage historique que vous allez découvrir…
Bruno Gouéry dirigé par Johnny Depp !
Vous serez même dans le prochain film de Johnny Depp avec Al Pacino consacré au peintre Modigliani. Est-ce vrai que vous n’avez même pas eu à passer de casting ?
C’est la chose la plus invraisemblable qui me soit arrivée dans ma carrière : ne pas avoir passé à passer de casting parce que Johnny Depp me connaissait ! J’ai passé deux mois à ses côtés, à Budapest. Je pourrais parler de ce tournage pendant des heures (Rires). Je l’ai trouvé d’une douceur, d’une bienveillance, et d’une gentillesse remarquable. J’ai adoré sa manière de me diriger et de travailler. Moi, j’ai appris le métier avec Michel Galabru. C’était quelqu’un qui avait à cœur les notions d’exigence, de bienveillance et de transmission. Il y avait quelque chose de très artisanal, il me donnait des outils. Johnny Depp est exactement pareil. Il m’a expliqué comment travaillaient Marlon Brando, Tim Burton… C’était incroyable. Les grands sont toujours humbles, curieux et généreux.
Vous faites partie de ces acteurs qui ont rencontré le succès sur le tard. C’est une chance selon vous ?
Les années de "vache maigre", sans tomber dans le misérabilisme, et la notoriété arrivant à certain âge, m’ont permis de mieux mesurer toute la différence qui existe entre la perception qu’ont les gens de vous et celui que vous êtes réellement. A 25 ans, on peut vite se dire qu’on est le plus beau et le meilleur du monde, même si on est comédien depuis peu. Moi, je suis acteur, pas vedette.
Quand vous avez passé le casting pour la première saison de Emily In Paris, vous aviez, dites-vous, "un niveau d’anglais collège". Ça va mieux aujourd’hui ?
Oui, ça va mieux, mais en même temps, ça ne pouvait pas être pire ! (Rire). Je suis redevable aux Américains !