"Le journaliste Graham Hancock parcourt le monde pour découvrir des preuves de l’existence de mystérieuses civilisations perdues depuis la dernière période glaciaire". Tel est le pitch d’A l’aube de notre histoire, une série documentaire à voir sur Netflix. Du site de Gunung Padang en Indonésie à l’ancienne ville-bunker de Derinkuyu en Turquie en passant par le mégalithe Göbekli Tepe et par la formation rocheuse de Bimini qui serait la porte d’entrée de l’Atlantide, Graham Hancock livre ses théories sur une civilisation oubliée au fil des 8 épisodes.
Mais si ses voyages dans le passé ont séduit le public, le journaliste est loin de faire l’unanimité. Selon The Times cité par Le Courrier International, Graham Hancock a souvent été qualifié de "pyramidiot" et de "cinglé" pour ses "théories surprenantes voire farfelues". Il croit en effet qu’une "civilisation avancée et mondialisée, disparue à la fin de l’ère glaciaire, aurait transmis son savoir aux plus anciennes civilisations dont les archéologues ont pu attester l’existence. Cette civilisation oubliée aurait notamment inculqué l’art de construire les pyramides, raison pour laquelle on retrouverait cette forme architecturale aussi bien en Egypte qu’en Indonésie ou en Amérique du Sud", détaille Courrier International.
Décrié dans son pays, le journaliste provoque aussi la colère de nombreux archéologues qui sont d’ailleurs attaqués dans la série par le principal intéressé. "Si vous avez regardé A l’aube de notre histoire et que vous vous demandez s’il y a un complot de "l’archéologie traditionnelle", faites une chose : suivez l’argent. C’est tout. Vous croyez un millionnaire avec une série Netflix ? Ou des dizaines de milliers de personnes travaillant dans l’archéologie avec une moyenne de 15 £/heure ? Faites vos propres recherches", a ainsi posté l’archéologue Peter Campbell sur Twitter.
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"Le dénigrement injuste et injustifié des archéologues par Graham Hancock nuit activement à l’archéologie aux yeux du public à un moment où les archéologues ont du mal à payer leurs factures et à élever leur famille. Peu d’archéologues sont des gros chats comme lui", a réagi pour sa part l’archéologue John Hoopes.
"Il s’agit de conspirationnisme et du positionnement de Hancock comme victime d’une conspiration. Les remarques désobligeantes répétées sur les archéologues et autres universitaires dans chaque épisode sont nécessaires pour rappeler au public que le passé alternatif proposé est vrai, malgré l’absence de preuves concluantes. Et l’imprécision de l’identité de cette supposée civilisation avancée, combinée à la crédibilité que lui confère sa présence dans une série produite par Netflix, va faire de la série une source facilement modelable pour quiconque cherche à remplir un passé mythique fantasmé », regrette également Steph Halmhofer, un universitaire, dans un article de The Conversation qualifiant le travail du journaliste britannique "d’escroquerie intellectuelle".
Clara Kolodny