"Mettre des caméras où jamais elles n’ont été". Voici l’objectif affiché par la société de production QuadBox et Netflix pour Tour de France : Au cœur du peloton. Pour réaliser cet ambitieux pari, l’équipe, déjà à l’origine du succès Formula 1, a travaillé de longs mois pour gagner la confiance d’ASO (Amaury Sport Organisation) aux manettes de l’événement mais aussi de 8 des 22 équipes engagées sur l’édition 2022. Ces dernières ont accepté d’ouvrir leurs portes pour dévoiler aussi bien les coulisses de la préparation que les moments de tension et les décisions stratégiques.
Des mois de préparation nécessaires pour Tour de France : Au cœur du peloton
"Il y a un contrat moral avec les équipes. On a demandé beaucoup de choses, même à aller avant chez des coureurs", a expliqué le producteur Yann Le Bourbouach (QuadBox) à CanneSéries 2023. "L’idée est de montrer que le Tour de France, ce ne sont pas que des mecs en forme qui appuient bêtement pendant 3 semaines sur des pédales", a surenchéri l’ancien coureur pro Steve Chainel qui apporte, dans la série, des explications didactiques sur la course et le cyclisme.
Soulignant l’énorme travail nécessaire pour tourner cette série, le producteur et Netflix ont précisé avoir préparé ce projet plusieurs mois en amont, notamment pour choisir les équipes à suivre lors de ce Tour de France 2022. "Il y a une grosse phase de développement et de temps passé avec les personnes car la série demandait une confiance de la part des équipes et un accès total (…) Il y a eu un gros travail de préparation pour étudier, au début de saison, comment évolue chaque équipe, lesquelles suivre et quelles histoires raconter", a précisé le producteur.
Un dispositif technique "inédit"
Même complexité pour le dispositif technique, d’une importance "jamais vue pour une épreuve sportive", selon Netflix. Des caméras ont été installées sur certains vélos, dans les cars des équipes ou encore dans les voitures des commentateurs pour dévoiler une autre facette de La Grande Boucle et montrer tout ce que les inconditionnels ne peuvent pas voir en tant que spectateurs. Les sprints et autres étapes ont été filmés de l’intérieur mais les équipes de la série sont aussi allées immortaliser les entrainements. Leur objectif : réaliser une série faisant "un lien entre fiction et documentaire". "On a essayé de créer des personnages et de les suivre pour montrer d’où ils viennent et ce qu’il en est aujourd’hui".
Vaincre la méfiance des coureurs
Les artisans de cette série ont également longuement travaillé pour faire oublier les doutes et questions aux coureurs. "Ils se demandaient évidemment ce que ça allait donner", a avoué le producteur en affirmant avoir fait beaucoup de pédagogie pour présenter son projet qui apporte une médiatisation inédite aux figures du Tour de France.
"Le vélo reste un sport très populaire. On n’a pas l’habitude, dans une carrière de cycliste, d’accueillir autant de cameras. On sort du bus, on va dire bonjour à la famille, on signe deux ou trois autographes, on donne une casquette à un gamin… On ne se rend pas compte de l’impact qu’on peut avoir", a détaillé Steve Chainel en évoquant la "méfiance" qu’ont pu ressentir certains coureurs. Mais celui qui se réjouit de pouvoir enfin montrer à sa grand-mère ce qu’il a fait pendant douze ans ne cache pas que ce projet inédit reste une belle aubaine pour le cyclisme. "Une équipe, c’est un sponsor qui paie et qui veut être vu. Un cycliste, c’est un peu un homme sandwich : plus on vous voit mieux c’est".
Pauline Hohoadji