« Ce n’est pas digne » : pourquoi la série Tapie de Netflix a gêné l’ancien procureur Eric de Montgolfier

Publié le 22 septembre 2023 à 10:00
Marie Genin/Netflix
L’ancien magistrat, qui était en charge de l’affaire VA-OM, vient de réagir à la série de Netflix dans laquelle Laurent Lafitte incarne Bernard Tapie.

Pour Tapie, sa série mise en ligne le 13 septembre dernier sur Netflix, Tristan Séguéla a choisi de mêler faits réels et éléments de fiction. Une distance avec la vérité qui dérange certaines personnes qui apparaissent dans la série. C’est le cas, notamment, d’Eric de Montgolfier, le procureur qui s’est occupé de l’affaire du match truqué VA/OM qui a conduit Bernard Tapie en prison.

Le magistrat est notamment au cœur du dernier épisode de la mini-série portée par Laurent Lafitte et Joséphine Japy. Pendant près de trente minutes, on assiste ainsi à un impressionnant face-à-face entre ce procureur et Bernard Tapie et à la chute petit à petit de celui qui se croyait presque intouchable. Si cette scène est saluée par la critique et le public, elle déplaît un peu au principal intéressé : Eric de Montgolfier. "Elle (l’audition, ndlr) n’était pas du tout improvisée. Bernard Tapie me l’a demandé, j’ai accepté. Dans la série, le procureur fait semblant de ne pas le reconnaître et fait le naïf, comme un jeu du chat et de la souris que je ne me voyais pas jouer", explique l’ancien procureur à France Info.

Ce détail qu’il regrette

"Dans le cours de la conversation, j’avais une stratégie peut-être un peu plus fine qui ne consistait pas à donner à l’intéressé, alors qu’il n’était pas officiellement impliqué dans le dossier, tous les arguments que je pouvais avoir contre lui", poursuit-il en précisant qu’en réalité, "il n’avait pas à faire la morale à Tapie". "C’est quelque chose qui m’a un peu gêné dans la série. Je ne crois pas que ce soit très digne d’un procureur de se moquer de celui qu’il pourrait un jour poursuivre", ajoute-t-il.

Comme Dominique Tapie avant lui, il insiste sur le fait de ne pas s’être totalement reconnu à l’écran. "C’était peut-être moi, mais ce n’était pas uniquement moi, manifestement", souligne-t-il en reconnaissant avoir retrouvé des "mots que lui ou d’autres avaient prononcés". "J’ai trouvé que c’était un travail plaisant, mais souvent, je me suis dit : non, ça, ce n’est pas moi. Certains jugent mon portrait assez flatteur, mais cela ne ressemble pas tout à fait à mes souvenirs. Là où je ne me reconnais pas, c’est dans le côté sournois de ce procureur."

Par
Pauline Hohoadji