Netflix ouvre l’année 2025 avec une production marquante : Adolescence, une mini-série créée par Jack Thorne et Stephen Graham. Ce drame en quatre épisodes suit Jamie (Owen Cooper), un adolescent de 13 ans accusé du meurtre d’une jeune fille. Tournée en plan-séquence, la série plonge le spectateur au cœur de l’arrestation de Jamie et des mois qui suivent alors que l’enquête progresse. Avec une mise en scène immersive et un réalisme troublant, Adolescence donne parfois l’impression d’être un documentaire, renforçant ainsi l’impact émotionnel de son sujet.
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Une fiction inspirée de réalités troublantes ?
Si Adolescence ne retrace pas une affaire criminelle spécifique, elle s’inspire toutefois de plusieurs faits divers survenus au Royaume-Uni ces dernières années. Stephen Graham, co-scénariste et acteur dans la série, explique que l’idée lui est venue en lisant les actualités : "Je me souviens qu’un incident avait eu lieu à Liverpool. Une jeune fille avait été poignardée à mort par un garçon. Et je m’étais dit ‘Mais pourquoi ?’ Puis, dans le sud de Londres, une autre fille s’était elle aussi faite poignarder près d’un arrêt de bus. Et ensuite, dans le nord du pays, il y a eu Brianna Ghey qui a été attirée dans un parc par deux adolescents qui l’ont poignardée. Je ne comprenais vraiment pas ce qui se passait".
Une étude publiée en 2024 par le Bureau des statistiques nationales britanniques révélait que les adolescents étaient deux fois plus susceptibles d’être victimes d’agressions au couteau qu’une décennie plus tôt. C’est cette inquiétante recrudescence des violences qui a poussé Stephen Graham et Jack Thorne à développer une histoire qui interroge les pressions sociales et la montée de la criminalité chez les jeunes. L’ouverture de la série de Netflix frappe fort avec l’arrestation brutale de Jamie à son domicile, une scène qui plonge immédiatement le spectateur dans la tension dramatique.
Des sources bien réelles…
Pour concevoir cette séquence, Stephen Graham a confié avoir puisé son inspiration dans un documentaire britannique baptisé 24 Hours in Police Custody et diffusé sur Channel 4 depuis 2014 : "Je suis légèrement obsédé par cette série. Nous savions, en raison de la technique et de la façon dont nous tournions, que nous devions capter le public tout de suite, et il n’y a pas de meilleur début que de défoncer la porte lors d’un raid et d’entrer dans la maison". De son côté, le scénariste Jack Thorne a avoué avoir été influencé par Cries Unheard: Why Children Kill, un livre de Gitta Sereny qui analyse le cas de Mary Bell, une fillette de 11 ans condamnée en 1968 pour le meurtre de deux jeunes enfants à Newcastle. "C’est un livre où Gitta Sereny parle à Mary Bell, 27 ans après qu’elle a été condamnée. J’ai toujours aimé ce livre et je l’ai relu un nombre incalculable de fois", a-t-il expliqué.