Jamel Debbouze évoque sa nouvelle sitcom Terminal : « Ce que l’on peut comparer avec H, c’est… »

Publié le 22 avril 2024 à 8:01
© Rémy Grandroques/QUAD+TEN/CANAL+
Plus de vingt ans après la fin de H, Jamel Debbouze réalise son rêve de faire revivre la sitcom en France. Embarquement immédiat pour une création originale, tournée en public, avec un dispositif spécial.

Difficile de faire oublier H et ses héros déjantés : Jamel ( Jamel Debbouze), Sabri (Ramzy Bedia) et Aymé (Éric Judor). C’est pourtant la mission que se sont fixée Jamel et le réalisateur Mohamed Hamidi, également directeur artistique du festival Marrakech du rire, avec Terminal, le quotidien au sol de l’équipe d’une compagnie aérienne low cost. 

LA DOUCE FOLIE DE RAMZY BEDIA

« Ce que l’on peut comparer avec H, c’est le tournage en public et la présence de Ramzy », souligne Jamel, en insistant sur le fait que tous les rires entendus à l’écran sont bien ceux des spectateurs installés sur un gradin pivotant au centre des décors, et au milieu desquels il se glissait pour recueillir impressions et idées de blagues. « Un public, ce n’est pas anecdotique pour lui. Il veut que les gens s’amusent ! », salue Bérangère McNeese (HPI), qui joue la nouvelle copilote de la compagnie. « C’est un moteur indispensable qui grise », confirme-t-il, en rappelant la difficulté de tourner en public. Pour Terminal, il est donc allé chercher « des comédiens qui pouvaient le faire » et qui se sont illustrés dans son Jamel Comedy Club, au théâtre dans des comédies, ou encore dans des seuls-en-scène.

Cette troupe, rassemblant entre autres Doully, Tristan Lopin et Camille Chamoux, a été boostée par l’énergie folle de Ramzy Bedia. De l’avis général, le comédien était « le plus incontrôlable » sur le plateau. Un mal pour un bien selon Laureen « lapotegenante » qui tournait pour la première fois. « Tu joues dans une cour de récré avec lui ! Il désacralise. On se sent presque obligés de sortir du texte et d’improviser ! » « Si on se plante, on se plante. Ce n’est pas grave, personne ne va mourir », s’amuse celui qui agaçait parfois ses camarades par ses retards. « Moi, je n’étais pas en tournage, j’ai passé trois mois avec Jamel en colonie ! C’est maintenant que je vois que Terminal, c’est un truc balèze ! » 

À LA RECHERCHE DU “RIRE SINCÈRE” 

Malgré la bonne ambiance qui régnait sur le plateau, le tournage n’a pas été si facile, comme le rappelle  Camille Chamoux, l’hôtesse de l’air hippie de la série : « Terminal, c’était aussi être enfermée pendant deux mois avec 14 personnes dans un hangar… C’est beaucoup de travail. On tournait 8 heures par jour à flux tendu ! » « Peu de prises ont été nécessaires pour mettre en boîte les douze épisodes de la première saison », précise Jamel Debbouze. Avec les trois premières prises, on avait ce qu’il fallait. » Cette efficacité était nécessaire, car le public n’a pas les mêmes réactions en entendant les blagues plusieurs fois. « Dans ces cas-là, il faut tenter de surprendre », ajoute celui qui veut du « rire sincère ».

C’est aussi ce qu’il souhaitait entendre en présentant Terminal en avant-première, le 5 avril, en ouverture de Canneséries 2024. Heureux en écoutant les spectateurs dans la salle, Jamel l’était encore plus en découvrant, le lendemain, dans un coin discret d’un grand hôtel, le premier article compilant des réactions positives. « Ça sent bon ! », s’est-il réjoui, en sautant de joie. Un décollage réussi pour Terminal, donc.

Terminal, lundi 22 avril à 21h10 sur Canal+

Par
Pauline Hohoadji