Amateurs de cascades et de bagarres, vous n’avez pas fini d’en voir dans votre salon… où que vous soyez ! Sorti le vendredi 2 juin sur Prime Video, le dernier film de Franck Gastambide, Medellín, s’est classe directement numéro 1 dans le top de 54 pays, et même numéro 2 aux États-Unis, une grande première pour une production française. Il a même bénéficié du plus gros budget alloué par Prime Vidéo pour un film hexagonal. "Ça met une pression énorme, car on prend beaucoup de risques. Le risque de décevoir, de ne pas avoir les épaules, a déclaré Franck Gastambide sur le site de TF1 Info. C’est un projet qui coûte de l’argent parce qu’il est ambitieux. On amène toute une équipe à l’étranger, on fait des courses poursuites en plein cœur de Medellín avec des voitures, des avions, des motos…". Avant lui, Balle perdue 1 et 2 (Netflix), Aka (Netflix), ou encore Overdrive (Prime Video), ont, eux-aussi, affolé les compteurs de vues à l’international. Des productions bien franchouillardes qui rivalisent avec des grosses machines américaines, comment est-ce possible ? C’est justement l’authenticité et le côté artisanal du savoir-faire français qui plait à l’étranger. Pour Morgan S. Dalibert, réalisateur du film AKA, "les spectateurs sont tellement gavés de films à gros effets spéciaux, portés par des scènes, certes très divertissantes, mais proches du jeu vidéo, qu’ils sont bluffés par le côté « tout est fait en vrai » : les combats, les coups de feu, les cascades de voiture… Le public sent le danger pour le personnage, le comédien et le cascadeur. C’est ce qui est impressionnant !". "Les Français excellent dans ce domaine, ajoute Guillaume Pierret, réalisateur de Balle perdue 1 et 2. Ils ont ouvert la voie, surtout dans la cascade automobile. Aujourd’hui, ils sont demandés partout dans le monde. Mais il y a aussi le cadre dans lequel les films se déroulent : la France. On a des décors uniques, qui font office de vraies cartes postales pour le public étranger". Ajoutez à l’exotisme, des budgets très raisonnables (entre 5 et 15 millions d’euros, selon Les Échos) et vous aurez la recette du succès ! "Les producteurs français savent faire de l’action spectaculaire, sans avoir les mêmes moyens que les Américains, mais avec autant d’impact", a commenté Sara May, directrice des acquisitions de films chez Netflix France, au magazine Les Échos.
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Un genre en berne
Largement mis en lumière dans les années 60 et 70 grâce à Bébel puis des années 90 à 2010 avec Luc Besson et EuropaCorp, à qui l’on doit les franchises Taken et Le Transporteur, le cinéma d’action n’a fait que décliner depuis les difficultés financières de ce dernier et la sortie de films moins efficaces. Jusqu’à ce qu’en 2016, le carton "surprise" du film Braqueurs de Julien Leclerc sur Netflix, après une discrète sortie en salles, change la donne. "On s’est alors rendu compte de l’appétence mondiale pour le film d’action version française", confiait Sara May aux Échos. Le renouveau du genre était lancé… sur le petit écran. "Travailler avec les plateformes sur ce type de projet permet de recréer une relation de confiance avec le public, analyse Guillaume Pierret. Elle s’était détériorée à cause de films très moyens. Il faut relancer une dynamique, pour montrer qu’on sait faire ce genre de film". A venir le 25 aout sur Disney+, Antigang : la relève a pu voir le jour grâce à l’intérêt et au financement de la plate-forme de Mickey. "Ce film, des distributeurs l’ont eu entre les mains. Ça n’a pas abouti, révèle Alban Lenoir, principal interprète. On a eu de la chance que Disney y croit, lance le projet et nous donne les moyens de le faire dans de bonnes conditions. On n’aurait pas eu ça au cinéma". Même son de cloche chez Guillaume Pierret. "Netflix a permis à mes films d’exister, chose qui aurait été très compliquée dans le circuit traditionnel. C’est risqué de produire et surtout de distribuer un film d’action, ou de genre, en France. Une plateforme peut se permettre de prendre plus de risques". Et si la soif du public pour ce genre de cinéma n’est pas près de se tarir, les réalisateurs ont aujourd’hui un désir : retrouver le chemin des salles obscures.