Géraldine Nakache (Les Enfants sont rois) : « La fatigue était vraiment le leitmotiv sur le tournage ! »

Mis à jour le 8 janvier 2026 à 17:31
DR/Disney+
Dans Les Enfants sont rois, série adaptée d’un roman de Delphine de Vigan disponible depuis mercredi sur Disney+, Géraldine Nakache incarne une flic chargée de retrouver une jeune star de YouTube kidnappée. Un rôle de composition pour l’actrice. Interview.

Connaissiez-vous le livre avant de dire oui ? 

Je ne l’avais pas lu, mais ma mère oui. Et j’en connaissais l’auteure. Lorsque mon agent m’a proposé un rendez-vous pour la série, je me suis dit : "Merde, je n’aurais pas le temps de le lire !" J’ai dit la vérité en arrivant. Ils m’ont tout de suite répondu : "Ah non, non, par contre il ne faut pas lire hein !" Ils m’ont expliqué que la piste du thriller et de l’enquête policière a pris une place différente que celle dans la série. Ils m’ont précisé qu’ils ne voulaient pas trop que j’aille voir et que je devais commencer par les scénarios – j’ai lu le roman après le tournage. Ils ont bien fait ! Participer à un thriller était une première pour moi. L’idée de voir comment c’était conçu est peut-être ce qui m’a le plus excitée. J’ai trouvé le scénario brillant !

Qu’est-ce qui vous plait dans les thrillers ?

Là, il y a quelque chose que je n’avais pas ressenti depuis Columbo. Dans Columbo, on sait dès le départ qui est le coupable. Mais on veut comprendre comment il mène son enquête et trouve le meurtrier. On oublie presque qui est le coupable tellement c’est bien foutu ! J’ai senti la même chose avec Les Enfants sont rois. En regardant la série, j’avais envie de savoir qui était le kidnappeur alors que j’avais lu les scénarios !

Qu’avez-vous pensé de la série en découvrant le résultat ? 

Entre Hippocrate (Canal+), La Flamme (Canal+) ou encore Fiasco (Netflix), j’ai fait un paquet de séries. Même si je les ai adorées, Les Enfants sont rois, c’est la seule que j’ai bingée ! Alors que je peux te dire que voir ma tronche pendant 7 heures n’est pas un exercice facile (rires) ! Binger en plus, ce n’est pas pour moi, je suis une vieille dame !  Je ne peux pas me coucher à 4 heures du matin. C’est pour ça qu’habituellement, je ne fais pas ça. Mais là, quelle maitrise ! J’ai adoré ! C’est étrange de dire ça d’une série dans laquelle on tient l’un des rôles-titres. Mais je me suis complètement oubliée et je suis rentrée dans l’histoire. J’appréhendais le fait qu’on adapte une romancière aussi brillante. Mais je trouve qu’on y est parvenus !

Sara Roussel, votre personnage, n’est pas votre premier rôle de flic…

C’est vrai ! Je me demande même si je ne devrais pas passer, si ça existe, une sorte de CAP Police (rires ) !

Elle est solitaire et détachée des conventions sociales, bien loin de vous non ?

Oui ! C’était intéressant à jouer parce que je suis née au cinéma par la comédie qui a un sens du timing et du verbe particulier. Même si j’ai fait plusieurs films dramatiques ces dernières années, j’ai continué la comédie avec Fiasco, LOL : qui rit, sort ! (Prime Video) et ça m’éclate ! Là, ce qui m’intéressait c’était comment j’allais mettre mon corps dans le rythme d’un thriller. Sébastien Marnier a ancré l’histoire dans une période de canicule. Nous étions recouverts de glycérine en permanence, nous tournions beaucoup de nuit, nous étions éprouvés… La fatigue était vraiment le leitmotiv. Il me disait de ne pas dormir beaucoup comme mon personnage. Sara communique peu, c’est une boule de nerfs. On a travaillé dans cette même direction avec le stylisme. J’ai insisté pour qu’elle ait peu de tenues et pour qu’on sente que prendre douche ce n’est pas possible pour elle tellement l’enquête l’obsède. J’ai fait ma petite cuisine interne en faisant confiance au réalisateur mais aussi en allant chercher une méthodologie que je n’avais jamais éprouvée jusque-là. Je me suis éclatée même si le rythme du tournage était fatiguant. 

Et comment se sont passées vos retrouvailles avec Doria Tillier, votre partenaire dans La Flamme ?

Je la connaissais un peu avant La Flamme mais nous nous sommes vraiment rencontrées sur le tournage de la série de Canal+. Je l’ai tout de suite adorée. Je dois avouer que ça me rassurait de la connaître en me lançant dans Les Enfants sont rois. Je fais tellement de choses que je n’ai jamais faites dans la série… Savoir que ma partenaire principale était une personne en qui j’avais confiance m’a vraiment rassurée. J’ai vraiment flippé en tournant cette série, et pas uniquement le premier jour, parce qu’il y avait un enjeu dans chaque séquence. Je me demandais si je mettais le curseur au bon endroit.

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Par
Pauline Hohoadji