En interview, vous dites souvent : « Qui peut présenter son personnage en trois mots ? » On ne va donc pas vous faire l’affront de vous poser cette question…
Merci ! (Rire). Dans le cas de Kate, il est impossible de résumer sa personnalité, sa vie, et sa réalité de manière concise. Ce que j’ai aimé chez elle, c’est qu’elle est difficile à cerner, comme la plupart d’entre nous. Elle a perdu sa femme, elle s’occupe seule de sa ferme, elle est en difficulté financière, sa fille lutte contre la toxicomanie… C’est beaucoup de pression. Je pense que les spectateurs vont être surpris par sa combativité.
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Comment avez-vous saisi cette part d’elle ?
En adoptant son état d’urgence, jusque dans sa posture et sa gestuelle. Il y a quelque chose dans le comportement de Kate qui fait qu’elle ne regarde pas autour d’elle, elle fonce. C’est l’une des choses que j’ai essayé de garder à l’esprit en l’interprétant : beaucoup de ses actions ne sont pas rationnelles. Elle sent qu’elle n’a plus rien à perdre, elle est prête à tout pour sauver sa fille.
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Vos personnages ne vous hantent jamais, vous qui leur donnez vie avec tant d’intensité ?
Je ne sais pas s’ils me hantent… L’un des avantages de notre métier, c’est la créativité. Tourner un film, c’est créer sur le moment. On vit cette expérience avec des partenaires de jeu qui incarnent des personnages « vivants ». C’est exactement la sensation qu’on espère procurer au public. Mais une fois le tournage terminé, je m’éloigne de tout ça.
Pourquoi les drames du quotidien vous passionnent tant, bien plus que les histoires de superhéros par exemple ?
J’ai toujours été très attirée par les histoires de famille. C’est ce qui anime nos vies. Et Echo Valley parlait beaucoup de ça, du lien entre une mère et son enfant, sur fond de thriller. Ça m’a rappelé ces films des années 40, où des femmes ordinaires se retrouvaient face à des situations extraordinaires.
Est-ce que les personnages finalement très humains que vous incarnez empêchent toute lassitude ?
Par le passé, il m’est arrivé de me dire : « Peut-être qu’un jour, je me lasserai de ce métier. » Mais non. Je le trouve toujours fascinant. J’aime les relations qui s’y tissent, l’effort collectif qui donne naissance à un film. J’aime travailler avec les acteurs, réalisateurs, scénaristes… J’aime les gens qui se rassemblent.
Dans ce film, il est question d’un amour inconditionnel entre une mère et sa fille. Est-ce un adjectif inhérent à la maternité ?
Pour moi, oui. La nature de la parentalité, c’est d’aimer sans conditions. Vous avez une responsabilité envers une personne à qui vous avez donné naissance et avec qui vous allez passer une partie de votre vie. Et cet amour inconditionnel peut, parfois, pousser à faire des choses terribles.
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