Le quartier de Kensington (Philadelphie) est l’un des personnages à part entière de la série…
Amanda Seyfried : Lorsque j’ai commencé à travailler dans notre décor de Kensington, c’était fou car il était identique, jusqu’à la garderie, au vrai quartier. La production a trouvé l’endroit le plus incroyable de Brooklyn pour tourner, car envahir cette communauté était impossible. Nous avions besoin de créer notre propre espace pour la représenter et je pense que c’est la meilleure décision que la production ait prise. C’était fou !Je n’arrive pas à croire que nous y étions sans vraiment y être. Ça montre à quel point de bons artistes peuvent tout faire.
Qu’est-ce qui vous a séduit dans le rôle de Mickey et vous, qui venez de Pennsylvanie, connaissiez-vous ce quartier de Philadelphie ?
Ce qui est très intéressant, c’est que le livre (la série est adaptée d’un roman de Liz Moore, ndlr) vous plonge dans ce quartier d’une manière si informative et brillante. On ne peut s’empêcher d’être séduits par l’histoire, le dynamisme et la résilience de cette communauté dont je n’avais jamais entendu parler en grandissant alors même que je suis allée de nombreuses fois, enfant et adolescente, à Philadelphie. Je n’avais jamais mis un pied à Kensington jusqu’à ce que je lise ce livre et que je m’engage dans ce projet. J’y suis finalement allée accompagnée de policiers et ça m’a fait ouvrir les yeux. Je n’arrivais pas à croire que je pensais bien connaitre Philadelphie alors même que je ne savais rien de Kensington. A bien des égards, c’est un quartier mal desservi et très craint car c’est un marché de la drogue à ciel ouvert. Je me sentais ignorante au départ. Puis j’ai réalisé que ce n’était pas grave. C’est aussi pour cela qu’on raconte des histoires. Cette série a été faite pour que davantage de personnes comprennent que des communautés comme celles-ci valent la peine d’être respectées et vues. Et j’aime ça. J’aime que Kensington soit un tel personnage de l’histoire. Et j’aime Mickey. Elle a grandi dans ce quartier et elle le protège à tout prix parce que même si elle est flic, elle fait partie de cette communauté.
Le défi La Rivière des disparues pour Amanda Seyfried
Vous qui avez joué dans Les Misérables ou encore Mamma Mia !, quel nouveau défi représentait pour vous Mickey comparé à vos précédents rôles ?
Mon Dieu… Jouer quelqu’un comme Mickey est assez génial car on peut incroyablement s’identifier à elle. Elle est très complexe mais elle peut aussi, parfois, heurter la sensibilité des gens. Elle n’est pas toujours au top car, comme beaucoup de personnes, elle doit jongler entre plusieurs choses : nourrir les enfants, les emmener où ils doivent aller, s’assurer qu’ils se sentent aimés et ensuite aller tenter d’avoir un peu d’autorité au travail tout en composant avec la personnalité et les comportements des autres collègues… Nous pouvons tous comprendre que la vie est vraiment difficile aujourd’hui, surtout avec le rythme auquel on est soumis. On n’a jamais assez de temps pour nous-mêmes. J’ai ressenti une responsabilité de faire d’elle une personne à laquelle on peut vraiment s’identifier et qui donne envie de la suivre pendant 8 épisodes. Même si elle a beaucoup de défauts, il fallait que le public se soucie d’elle. Mais la vraie question était : comment rendre sympathique une personne si réaliste ? La manière dont la série était écrite m’a facilité la tâche d’une certaine manière mais c’était quand même assez difficile. J’ai tourné dans le froid, dans une zone pas très belle. Et le décor était tellement réaliste qu’il était impossible d’ignorer la réalité qui m’entourait, c’est-à-dire la dépendance, la souffrance, la maladie et toutes ces personnes qui ont besoin de notre soutien sans réserve. Une compassion dont manque une partie de la société, en particulier du côté de la police. Être confrontée à ça tous les jours n’a pas été facile.
Amanda Seyfried exaspérée par la masculinité toxique
Avez-vous rencontré des flics comme Mickey pour préparer ce rôle ?
Oui et c’était très instructif. Aller à Kensington, trainer un peu et vivre cette expérience était essentiel. Mickey n’existe pas mais il y a des policiers qui lui ressemblent beaucoup. Le plus difficile en l’interprétant a été de mettre un uniforme et de faire croire aux gens que j’étais flic. Mais après en avoir rencontré certains, ça allait mieux.
La Rivière des disparues (Long Bright River en VO), évoque aussi la masculinité toxique…
Garder ce travail n’est pas facile, surtout quand elle doit se rendre chaque jour au poste de police où elle est entourée de masculinité toxique. Mais les choses sont ainsi. Il y a des comportements tellement ancrés dans certains métiers et tellement de retard. Certains font des progrès dans ce domaine mais pour d’autres milieux, c’est des clubs d’hommes à l’ancienne. C’est frustrant et exaspérant ! Il y a des mauvais flics mais aussi des bons, c’est d’ailleurs pour ça que Truman (l’ancien partenaire de Mickey joué par Nicholas Pinnock, ndlr) est très important dans la série. C’est grâce à des hommes comme lui qu’elle reste dans la police.
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