Roland-Garros (France 4) – Guy Forget : « Pour moi, si on perd, c’est qu’on n’est pas assez fort. Point barre ! »

Publié le 25 mai 2025 à 7:22
© Nathalie Guyon/FTV
INTERVIEW. Après trois éditions de Roland-Garros commentées sur Prime Video, l’ancien n° 1 français et ex-directeur du tournoi revient sur France Télévisions. Explications et impressions d’avant quinzaine.   

Pourquoi ce retour sur les chaînes du service public ? 

Guy Forget : Auparavant, Prime Video diffusait les matchs du court Simonne-Mathieu, ainsi que l’affiche du soir sur le Philippe-Chatrier. Depuis quelque temps, la chaîne ne propose plus que celle-ci. Alors, se retrouver à autant de consultants (Fabrice Santoro, Marion Bartoli, Tatiana Golovin, Jo-Wilfried Tsonga et Lucas Pouille, ndlr) n’a pas de sens. Mais surtout, la large couverture de France Télévisions m’offre plus de temps pour expliquer les performances de tel joueur ou telle joueuse, raconter des histoires, les coulisses du tournoi. 

En plus des commentaires, vous interviendrez sur la terrasse, au côté de Laurent Luyat. L’occasion d’interviewer des champions. Un rôle excitant ? 

Alcaraz, Sinner, Sabalenka, Gauff… ce sont des jeunes joueurs et joueuses qui sont en train d’exploser, encore émerveillés par ce qui leur arrive. C’est toujours agréable de les prendre quand ils ont encore cette fraîcheur, très saine. Mais titiller un Novak Djokovic, ça peut être sympa aussi. De par mon passé de joueur, je m’autoriserai à lui poser des questions que Laurent n’oserait peut-être pas. 

Rafael Nadal sera honoré sur le Chatrier, après les trois premiers matchs de cette journée. Quel hommage lui feriez-vous ? 

On ne pourra jamais rendre un hommage à la hauteur de ce qu’il a accompli à Roland-Garros (14 victoires). En 2021, c’était prématuré de lui élever une statue. Bien sûr qu’il la mérite, mais c’est maintenant, justement, qu’il aurait fallu la faire. Malgré tout, on est heureux de le revoir pour cette cérémonie. Il jouit d’un tel amour, ici ! C’est comme s’il était français. 

Justement, parlez-nous des représentants tricolores de cette édition… 

Autant chez les filles, ça va dans le mauvais sens (la première Française, Varvara Gracheva, est 65e mondiale), autant ça va dans le bon sens chez les garçons. Ce qui me fait plaisir, avec Arthur Fils (14e), Ugo Humbert (22e) ou Giovanni Mpetshi Perricard (36e), c’est qu’en un an et demi, il y a eu un véritable travail et des progrès visibles sur leur jeu, leur physique, leur attitude, qui les a conduits à avoir des résultats. 

On reproche souvent aux joueuses ou aux joueurs français un manque de mental. Qu’en dites-vous ? 

Je n’en peux plus de cet argument ! Pour moi, si on perd, c’est qu’on n’est pas assez fort. Point barre ! Certains diront : « Oui, mais je travaille. » Moi, je leur répondrai : « Alors travaille mieux, différemment, avec quelqu’un d’autre. » Contrairement à ce que j’entends parfois, le tennis, c’est simple comme bonjour. Trop de gens compliquent le jeu. Celui de Novak Djokovic est d’une simplicité enfantine. Celui de Roger Federer, pareil, on ne pouvait pas jouer plus simple que lui. Sur une balle où il n’était pas à l’aise, il défendait. Et, à la première balle facile, il te massacrait. Il n’attendait pas la troisième occasion. Ces joueurs-là sont des prédateurs, des lions qui te tournent autour, avant de te sauter dessus et de te mordre à la gorge. Rafael Nadal était comme ça, lui aussi.  

Internationaux de France, dimanche 25 mai à 11h30 sur France 4

Par
Frédéric Lohézic