Petit à petit, Lucas Pouille remonte la pente. Après être parvenu à se hisser au 10e rang mondial en 2018, le Français a dégringolé au classement ATP au cours de ces trois dernières années, au point d’atterrir à la 454e place. Une période difficile à vivre pour celui qui fut notamment vainqueur de la Coupe Davis avec la France en 2017 ou encore demi-finaliste de l’Open d’Australie en 2019, qui se retrouve désormais à jouer des tournois de niveau Challenger, équivalent à de la deuxième division. "Cela a été dur l’année passée d’accepter que je n’étais plus le joueur que j’avais été", confie Lucas Pouille dans un entretien pour Le Figaro publié ce mercredi 5 avril. "Je n’avais pas l’humilité nécessaire pour livrer des combats contre des joueurs de très bon niveau. Maintenant, c’est clair dans ma tête. J’ai fait le deuil de qui j’ai pu être dans le passé. J’accepte d’être un joueur de Challenger."
Lucas Pouille revient de très loin, puisque l’homme âgé de 29 ans a été proche de mettre un terme à sa carrière : "En avril de l’année dernière, je fais un coup droit à l’entraînement et je me fracture une côte. Le lendemain, je ne peux pas me relever tout seul. C’était très dur mentalement car je me sentais bien à nouveau. Je me suis dit que je n’étais plus fait pour le haut niveau et que je faisais des efforts vains depuis trois an. J’ai eu mal un peu partout tout le temps. Je n’ai jamais enchaîné des mois sans blessure. Et à chaque fois que j’ai repris, je me suis re-blessé."
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"J’étais triste. J’étais arrivé à un point où je ne dormais plus la nuit", poursuit Lucas Pouille. "Il m’arrivait de boire seul et je voyais tout en noir tout le temps. Je me suis dit que ce n’était pas possible de continuer comme ça. Et j’ai pris la décision de dire stop, lors d’une de mes nombreuses insomnies. En juin dernier, j’étais en Angleterre pour disputer un tournoi. En pleine nuit, je reçois sur mon portable une photo de ma fille (Rose, née en janvier 2021). Je me suis dit qu’il fallait rentrer à la maison sinon j’allais prendre le mur en mettant ma santé mentale en péril. J’ai pris la décision de couper totalement avec le tennis. J’avais l’intention d’annoncer ma retraite. Mon entourage m’a dit de ne surtout pas le faire à chaud et de ne pas fermer complètement la porte. Alors, j’ai été silencieux et invisible sur les réseaux sociaux pendant des mois."
Finalement, Lucas Pouille décide de combattre ses démons : "En novembre, je suis allé à Bercy pour assister aux derniers matchs de Gilles (Simon). Pierre-Hugues (Herbert) me propose alors de taper la balle avec lui. J’étais moyennement chaud, mes raquettes étaient rangées au fond du garage depuis cinq mois. Et finalement, j’ai pris beaucoup de plaisir à rejouer. Je recroise la presse et on me pose une question sur les JO. Ça fait tilt et je réponds spontanément que je veux y participer. Et dans le taxi qui nous ramène à l’hôtel, j’annonce à ma femme que je reprends ma carrière." Avec Paris 2024 en objectif principal, un long chemin attend Lucas Pouille : "Je n’ai jamais eu l’opportunité de disputer les Jeux olympiques. Je pense tous les joueurs au 15 juin 2024, où on connaîtra les qualifiés. Il faudra que je sois, au minimum, dans les 50 meilleurs mondiaux."
N.O