Rafael Nadal est éternel. Dimanche dernier, le Majorquin s’est imposé sur la terre battue de Roland-Garros pour la 14e fois de sa carrière grâce à sa victoire en finale contre le Norvégien Casper Ruud (6-3, 6-3, 6-0). Un sacre d’autant plus retentissant sachant que le joueur de 36 ans joue avec une blessure. En effet, depuis 2004, Rafael Nadal souffre du syndrome de Müller-Weiss, une maladie rare irréversible qui ronge l’os de son pied gauche. "C’est en avril 2004 que tout a commencé, quand j’ai battu Goran Ivanisevic au premier tour à Estoril", raconte Nadal dans L’Équipe. "Ça a d’abord été une fracture de stress à ce pied gauche. Et un an et demi plus tard, en finale du Masters 1000 de Madrid indoor 2005, contre Ivan Ljubicic, cette fois, ça a été la fracture totale." Le confinement de 2020 n’a en plus pas arrangé les choses : "Il s’est passé quelque chose pendant le Covid. Le fait d’être confiné pendant deux mois à la maison a eu une incidence sur le pied et il y a eu beaucoup plus de problèmes à partir de ce moment-là."
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Afin de pouvoir continuer la pratique du tennis au plus haut niveau, Rafael Nadal subit des infiltrations qui ont pour but d’annihiler les douleurs à son pied gauche. Un traitement lourd que semble gérer l’Espagnol : "Je suis habitué, maintenant. Ça fait mal, oui, mais quand tu le fais avant un match, que tu es concentré, que tu sais que c’est nécessaire pour pouvoir jouer, tu ne le considères pas de la même façon. Avant d’entrer en piste, mentalement, tu as bien plus de force, avec l’adrénaline et l’énergie, et puis, tu sais qu’il n’y a aucune autre option. Et je ne subissais les infiltrations que les jours de match. Pas les jours off." Ainsi, c’est avec un pied totalement endormi que Rafael Nadal joue ses matchs : "C’est une sensation assez étrange, car parfois tu as quand même un peu mal aux orteils, mais j’ai tellement mal quand le pied n’est pas endormi que, lorsqu’il l’est, tout paraît parfait."
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Malgré les épreuves, l’homme aux 22 titres en tournoi du Grand Chelem reste serein : "J’ai une très bonne relation avec mon corps ! Je m’entends très bien avec lui en réalité. Je me porte bien mieux aujourd’hui que jamais. Le genou répond bien, physiquement tout va bien, je ne me sens pas épuisé après les matches, je récupère bien des efforts. Il y a juste ce problème au pied…" Rafael Nadal garde ainsi le sourire et partage son optimisme habituel : "Parfois, je l’insulte (mon pied) ! (rires) Non, ce n’est pas vrai. C’est important d’accepter les choses telles qu’elles sont, même quand elles ne sont ni idéales ni agréables. Je suis quelqu’un de positif et de réaliste. Je suis conscient que, si je veux tenter de poursuivre ma carrière, il faut améliorer les choses."
Benoît Lesueur