Son rôle de consultant, ses regrets, le Tour de France 2023… Pierre Rolland se confie après sa retraite

Publié le 26 janvier 2023 à 16:17
Icon Sport / Starface
Le 13 décembre dernier, Pierre Rolland a annoncé mettre un terme à sa carrière de cycliste professionnel. Le vélo sera toutefois toujours présent dans le quotidien de l'Orléanais de 36 ans, qui va devenir consultant pour La Chaîne L'Équipe à l'occasion de L'Étoile de Bessèges, diffusée du 1er au 5 février prochain. Avant de partir à l'attaque de cette nouvelle activité, l'homme aux 13 participations au Tour de France s'est livré à Télé 7 Jours...

Dans quel état d’esprit êtes-vous depuis l’annonce de votre retraite ?

Pierre Rolland : Très bien. C’est sûr que ça a été une retraite sportive un petit peu anticipée par rapport à ce que j’avais imaginé, mais je l’ai très bien accepté. J’ai eu rapidement plein de projets qui se sont ouvert à moi, des choses qui m’intéressaient fortement de faire en après-carrière, notamment être consultant sportif. J’ai hâte de commencer mes nouvelles activités.

C’était important pour vous de vite rebondir ?

Oui, même si j’avais déjà bien anticipé pour après-carrière. François-Xavier Busnel (responsable des directs de La Chaîne L’Équipe, ndlr) m’a contacté quelques heures après mon annonce pour me proposer un poste de consultant. Ça a été rapide et ça m’a fait vraiment plaisir.

Vous avez eu des contacts avec d’autres médias ?

Je vais travailler avec L’Équipe, après je ne me refuse pas d’être sur d’autres médias, comme la radio. Chaque chose en son temps. J’ai vraiment envie de commencer dans ce rôle-là avec La Chaîne L’Équipe. J’ai beaucoup d’impatience et hâte que la saison commence, un peu comme tous les ans mais cette fois-ci, de l’autre côté du micro !

Après avoir marqué le Tour de France avec vos 13 participations, cela vous plairait de suivre la Grande Boucle en tant que commentateur ?

Oui bien sûr ! Le Tour, le Giro, les grandes courses, forcément. J’aimerais les commenter, être sur la moto aussi. Ce serait pour moi la prochaine étape dans un schéma réussi. Être en plein cœur de la course, c’est la meilleure place !

Une page du cyclisme tricolore se tourne, puisqu’après vous, un autre illustre coureur français a annoncé sa future retraite, en la personne de Thibaut Pinot…

C’est la fin d’une génération. On a tous plus de 30 ans. Mais il y a encore certains collègues qui continuent. Je pense notamment à Romain Bardet. Et une autre génération de jeunes coureurs arrive, comme Romain Grégoire, Lenny Martinez et plein d’autres.

Cette prochaine génération de coureurs français aura des coups à jouer selon vous ?

Complètement ! Pour moi, il y a vraiment une niche de talents qui est indéniable avec le travail et le sérieux des équipes qui développent des vrais coureurs. Le plus bel exemple c’est la Groupama-FDJ avec sa réserve. Il y a un vrai renouvellement qui est en train de s’opérer. Il y a de belles surprises qui vont venir d’ici peu.

Quel est le souvenir le plus marquant de votre carrière ?

Forcément, mon éclosion au Tour de France en 2011. Avec le Maillot blanc de meilleur jeune sur les Champs-Élysées. Il y en a d’autres aussi, comme mes deux Tour d’Italie (2014 et 2017). J’ai pris beaucoup de plaisir à courir sur le Giro, c’est une épreuve très romantique, avec une vraie histoire.

Avez-vous des regrets ?

On veut toujours mieux faire. Si j’ai un regret, c’est d’avoir loupé le coche du Maillot à pois en 2013, de l’avoir perdu le dernier jour. Je voulais vraiment remonter sur le podium du Tour de France. C’est un peu comme loupé un penalty en finale de la Coupe du monde pour moi (rires).

Le Tour de France 2023 possède un parcours propice aux grimpeurs. Ce tracé vous plaît ?

Oui complètement. Il s’annonce difficile avec toutes les chaînes de montagne qui vont être empruntées. C’est très dense. C’est un Tour qui va être compliqué dès le départ, donc cela veut dire qu’il y aura des opportunités et rapidement des écarts. Cela s’annonce passionnant !

Même s’il est encore tôt pour se livrer au jeu des pronostics, voyez-vous encore une lutte acharnée entre Jonas Vingegaard et Tadej Pogacar ?

Pogacar fait figure de grand favori. Pour Vingegaard, à voir comment il a digéré son année 2022. Quand on passe comme lui, d’un coureur un peu inconnu à une superstar, il y a deux trois trucs à assimiler. À voir comment il se comporte en début d’année et au moment du Dauphiné où on aura vraiment une idée de son niveau. Il y a aussi le retour de quelques coureurs qui ont eu des pépins, comme Egan Bernal. À voir s’il privilégiera le Tour ou le Giro.

Comment avez-vu vécu de l’intérieur l’éclosion du phénomène Pogacar ?

Sa palette de jeu est juste énorme. Il est capable de jouer la gagne dans le Tour des Flandres, en même temps le Tour de France, en passant par Strade Bianche, d’autres courses à étapes, jusqu’à gagner le Lombardie en fin de saison. Ses saisons sont très denses et son niveau est quasiment constant. En plus d’être un excellent grimpeur capable de passer les pavés, il a une pointe de vitesse et va vite eu sprint. C’est juste impressionnant.

Qu’attendez-vous de cette année 2023 ?

L’éclosion de jeunes coureurs promis à un bel avenir. Que Thibaut Pinot se fasse plaisir et nous régale pour sa dernière saison. J’aimerais vraiment que Romain Bardet fasse un Tour de France à la hauteur de son talent, surtout avec le passage au Puy de Dôme, chez lui.

Julian Alaphilippe a vécu une saison compliquée en 2022 et est attendu au tournant par son manager Patrick Lefévère. Le voyez-vous rebondir ?

Le manager a sa façon de « manager ». Julian n’a pas besoin qu’on le critique ou qu’on le stimule. Il va être revanchard après une année où il a été beaucoup au sol. C’est un champion et un champion, ça veut gagner. Je pense clairement qu’il va arriver avec le couteau entre les dents. On va avoir droit au retour du Julian que l’on a connu par le passé. L’année 2022 est un peu à oublier pour lui-même s’il a quand même gagné des courses. Il y a plus d’un coureur qui auraient aimé faire sa saison « moyenne ».

Vous allez débuter votre carrière de consultant avec L’Étoile de Bessèges, qui aura lieu du 1er au 5 février. Présentez-nous cette course…

C’est une course à étapes de cinq jours, la première de la saison en France. C’est une course à laquelle j’ai participé plus d’une dizaine de fois. Je connais presque par cœur toutes les routes qui vont être empruntées. C’est le premier rendez-vous de l’année, c’est une course pour les coureurs en forme.

En plus de votre activité de consultant, avez-vous d’autres projets pour l’avenir ?

Oui, mais c’est encore un petit peu tôt pour en parler. J’ai deux autres projets en plus d’être consultant. Ce que je peux dire, c’est que c’est toujours dans le vélo, professionnel et un peu plus touristique.

Le management d’équipe, ça vous attire ?

Ça me plairait. Après, c’est quelque chose où il faut du temps. Entre mon arrêt de carrière et l’encadrement, j’ai d’abord besoin de découvrir d’autres choses avant d’envisager ce rôle-là. Mais c’est quelque chose qui est dans un coin de ma tête.

Benoît Lesueur

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