Le XV de France reste sur trois victoires à l’automne, notamment contre les redoutables All Blacks. De quoi entamer le Tournoi avec confiance ?
Matthieu Lartot : Oui, il y a toutes les raisons d’espérer de belles choses pour les Bleus qui, à l’exception de Charles Ollivon, blessé et forfait pour le reste de la saison, se présenteront avec toutes leurs forces vives. Notamment leur capitaine et meilleur joueur du monde, Antoine Dupont, absent du Tournoi 2024, se consacrant alors à l’équipe de France de rugby à 7. Retour également pour le demi d’ouverture Romain Ntamack, après deux graves blessures. Et puis cette génération a soif de titres, n’ayant plus gagné les Six Nations depuis 2022.
"Le Tournois des Six Nations est, pour moi, la plus belle compétition de rugby"
Et vous, comment abordez-vous ce rendez-vous ?
Avec le sentiment d’être chanceux de commenter ces matchs-là. Le Tournoi est, pour moi, la plus belle compétition de rugby, bien avant la Coupe du monde. Je le dis chaque année, mais c’est ce que je pense.
"On espère garder notre cher Tournoi des Six Nations sur France Télévisions"
Un tournoi dont les droits vont être remis en jeu, et pour lequel TF1 a fait part de son intérêt…
On sait qu’il y a cet appel d’offres et que ça va se jouer dans les semaines à venir. Alors, on espère de toutes nos forces garder notre cher Tournoi des Six Nations sur France Télévisions. Cette compétition fait partie du patrimoine des Français, sur les chaînes du groupe. On parle du diffuseur historique d’une épreuve qui n’a jamais été ailleurs que sur notre antenne. Je n’ai donc qu’une envie, qu’elle reste là !
"Aujourd’hui, on manque de référents ‘handicap’"
Lors des Jeux paralympiques, vous avez été perçu comme un ambassadeur du handicap (il a lui-même été amputé d’une jambe, après une récidive de cancer au genou). Selon vous, les lignes ont-elles bougé par rapport à cette problématique ?
Incontestablement, le regard de la population française sur les personnes en situation de handicap a changé. On a pu le mesurer avec les audiences suscitées par ces Jeux. Maintenant, est-ce que les lignes de notre société ont réellement bougé ? Je n’en suis pas certain. Cela a sans doute créé, suscité des vocations, des envies. Mais est-ce que les structures vont permettre aux fédérations d’accueillir ces gens-là ? Aujourd’hui, on manque de référents « handicap », de gens formés à recevoir ce type de population, pour qu’elle puisse pratiquer le sport quotidiennement.
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Après, a-t-on envie d’aller vers une société plus inclusive ? Sachant que cela nécessite des efforts financiers et que les budgets des sports, dans les derniers gouvernements, ont été revus à la baisse ? Il y a de quoi se poser la question de l’héritage de Paris 2024. Le problème de l’accessibilité existe aussi, que ça soit dans les stades et, surtout, dans les transports. Ce sujet doit tous nous concerner. Pas seulement les personnes en situation de handicap, mais aussi les personnes âgées, les femmes enceintes, les gens qui, en l’espace d’un mois, se retrouvent en béquille, avec un plâtre. L’accessibilité, c’est l’affaire de tous. En tout cas, moi, j’essaierai de faire bouger un peu les lignes, partout où j’irai dans les stades.
Tournoi des Six Nations : France-Pays de Galles, vendredi 31 janvier à 21h00 sur France 2