Rugby : finale du Top 14 (France 2) – Jean Abeilhou : « J’aurai de l’émotion et de grosses pensées pour Matthieu Lartot »

Publié le 17 juin 2023 à 14:10
© Nathalie GUYON - FTV
Le journaliste commentera le match, ce soir, en l’absence de Matthieu Lartot, au repos pour soigner un cancer du genou. Entretien.

Quel sera votre état d’esprit au coup d’envoi ?  

Jean Abeilhou : Fatalement, j’aurai de l’émotion et de grosses pensées pour Matthieu. Ce fut déjà le cas lors de la récente finale de la Coupe d’Europe. Comme un remplaçant au rugby, je ferai de mon mieux pour être à la hauteur de ce que Matthieu aurait pu faire. Après, je commente quand même des matchs depuis trente ans, dont quelques finales du Top 14, entre 2005 et 2008. Je ne sors pas non plus de l’ombre, comme j’ai pu le voir écrit, parfois…

À l’instant où l’on se parle, on ne connaît pas encore les noms des finalistes… 

L’affiche rêvée et la plus logique serait Toulouse-La Rochelle. Le premier de la saison régulière, sacré champion vingt-et-une fois, face à son dauphin, champion d’Europe pour la deuxième année consécutive. Mais il y a toujours des surprises. Au rugby, le ballon est capricieux ! 

Entre votre accent (il est né à Montauban) et le magazine Rencontres à XV, vous considérez-vous comme l’ambassadeur du rugby du terroir ? 

On me le dit souvent. Sans doute parce que l’on traite le rugby amateur dans avec le professionnalisme, l’architecture du Top 14 fait que le rugby français a gardé cet esprit de clocher, symbolisé par le Bouclier de Brennus et par tous ces clubs, non pas des franchises, contrairement aux équipes de l’hémisphère Sud. Le terroir est toujours très présent chez nous.

Gamin, vous pratiquiez le foot. Comment le rugby vous a-t-il rattrapé ?

Dans mon village de Reyniès, il y avait une grande équipe de rugby… Pardon, de football. Vous voyez le lapsus révélateur. C’était à l’époque de mon papa et de tous les papas de mes amis. Quand j’ai été en âge de pratiquer un sport, il n’y avait que des cages de foot sur les terrains. Donc, fatalement, tous les jeunes jouaient au foot. Et puis je me suis fait les croisés du genou. J’ai donc arrêté assez tôt. J’ai basculé sur le rugby en commentant des matchs pour des radios locales, dans les années 80. Puis sur Sud Radio. J’ai vite apprécié la convivialité de ce milieu, cette proximité avec les joueurs, qu’il y avait moins dans le foot. Cet esprit demeure encore un peu, même si les choses ont évolué avec le professionnalisme.

Avant cela, paraît-il que vous commentiez des compétitions de Solex… Vraiment ?

Oui, toujours à Reyniès. Avec un ami d’enfance, aujourd’hui maire du village, nous avions créé une course. Je faisais le speaker sur place. Mais la première fois que j’ai parlé dans un micro, c’était comme enfant de chœur à la messe. Je lisais la Passion du Christ, pour Pâques. Le curé, qui devait être un peu visionnaire, m’avait confié cette mission.

Votre parcours est d’autant plus atypique que vous avez été mécano, avant de vous lancer dans le journalisme sportif…

J’avais effectivement une formation de mécanicien d’hélicoptères, dans l’armée de terre. Puis j’ai intégré l’aérospatiale, chez Airbus, au moment où l’on développait le moteur de l’A320. Ça me fait toujours drôle quand je monte dans un avion pour aller couvrir un match.

La Coupe du monde approche à grands pas. Commenterez-vous quelques-uns des matchs achetés par France Télévisions ?

On en diffusera dix. En espérant que Matthieu sera de retour, je devrais en avoir trois ou quatre à commenter.

Les JO de 2024, vous y pensez déjà ?

Je couvrirai le rugby à sept, masculin comme féminin, d’autant que nos deux équipes de France sont qualifiées. Je suivrai même les Paralympiques, avec le rugby-fauteuil. Après cette échéance, je lèverai sans doute le pied. Mais tant qu’on a la santé et qu’on vous autorise à vivre votre passion, pourquoi s’en priver ?

Rugby, Finale du Top 14 : samedi 17 juin à 20h45 sur France 2

INTERVIEW FRÉDÉRIC LOHÉZIC 

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