La scène laisse sans voix. Alors que le peloton participant au Tour de Turquie était lancé à près de 55 km/h sur une ligne droite, un passant marchait au milieu de la route sans se rendre compte qu’une course avait lieu derrière lui. Le choc est inévitable et le piéton est percuté de plein fouet par plusieurs coureurs, dont Nacer Bouhanni.
| Bij deze bizarre valpartij loopt Bouhanni een gebroken halswervel op… Desondanks is hij redelijk oké. Absurd dat iemand zo op de weg kan lopen met een peloton op komst… #TUR2022 @RenaudB31 pic.twitter.com/a1x4tXXjcb
— Eurosport Nederland (@Eurosport_NL) April 12, 2022
Dans un entretien accordé à L’Équipe, le sprinteur de la formation Arkéa-Samsic raconte la violence de l’accident : "J’ai tapé ces personnes de plein fouet avec la tête. J’ai le souvenir d’avoir baissé la tête pour me protéger et la sensation d’avoir percuté un mur. Je n’ai pas eu le temps de mettre la main sur le frein, ça s’est passé en une fraction de seconde." Le bilan est lourd pour le Français, qui s’est fracturé une cervicale. De plus, Nacer Bouhanni déplore sa prise en charge dans l’ambulance qui l’emmenait à l’hôpital : "Ça été l’horreur. Ils m’ont pris brusquement pour me mettre sur un brancard. Je n’arrêtais pas de crier que j’avais très mal. Ils m’ont jeté dans l’ambulance comme une bête. Il y avait des secousses de partout pendant le trajet. Ils m’ont demandé de bouger la tête de droite à gauche alors que je n’y arrivais pas. Ils ne mesuraient pas que ça pouvait être très grave."
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Une fois arrivé à l’hôpital, le calvaire continue pour Nacer Bouhanni, contraint de "pisser dans une bouteille en plastique" en raison de l’absence de toilettes dans sa chambre. Le Français, pris dans un véritable enfer, se dit prêt à échanger "ses 70 victoires de merde" pour guérir de ses blessures. Sur son compte Instagram, l’homme de 31 ans avoue que sa chute est désormais très dure à vivre mentalement: "C’est vraiment un cauchemar. Vraiment, Je suis à un point… Psychologiquement c’est très dur pour moi, j’ai pensé au pire jusqu’à mon arrivée à Paris." Nacer Bouhanni est en effet passé proche de la paralysie. Le natif d’Épinal devra observer une période de convalescence d’au moins trois mois sans pratiquer la moindre activité sportive.
Benoît Lesueur