Une belle page du cyclisme français se tourne. Ce jeudi 12 février, Thibaut Pinot a annoncé dans L’Équipe qu’il allait prendre sa retraite à la fin de la saison, à l’issue du Tour de Lombardie, avec avant, peut-être, un passage sur le Tour de France : "Pour ma dernière année, j’ai envie d’y aller, ça me ferait chier de le manquer. Le Tour a été dur, mais c’est aussi lui qui m’a donné les plus belles émotions. Pour que ma dernière année soit belle, il faut que j’y sois. Rien que pour tous ceux qui m’ont soutenu." Diminué sur le plan physique, notamment après une lourde blessure au dos sur la Grande Boucle en 2020, le coureur de la Groupama-FDP ne se voit plus continuer au plus haut niveau : "Le point déclencheur a été ma blessure en 2021. Là, je me suis rendu compte que c’était difficile, que je commençais à avoir de l’âge et plusieurs fois j’ai pensé arrêter. Si je retourne un peu en arrière, j’ai commencé à cogiter pendant le confinement aussi."
Le Franc-Comtois sait déjà ce qu’il fera de son temps une fois qu’il sera descendu pour de bon de sa selle : "Le vélo m’a pris un tiers de ma vie et maintenant j’ai envie de me consacrer à ma deuxième passion, les animaux, la nature. J’ai toujours voulu créer des choses à partir de ce que la nature nous offre, du miel, cultiver ses fruits, ses légumes, voir ce que les animaux peuvent nous donner. Faire des chambres d’hôte."
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Thibaut Pinot n’a ensuite pas caché que le dopage a parfois perturbé sa carrière : "Il m’a souvent frustré. Ou mis des doutes", confie celui qui fêtera ses 33 ans le 29 mai prochain. "Combien de fois j’ai fait 2e ou 3e en sachant pertinemment, ou en doutant fort, qu’en fait la victoire était à moi…" Réputé pour sa franchise, le grimpeur a dénoncé à plusieurs reprises le dopage dans son sport, comme au mois de février 2021, où il avait pris position contre certaines pratiques dans L’Équipe : "Quand tu fais une infiltration ou que tu utilises de la cortisone, il y en a au moins pour trois semaines d’effets… et certains en font juste avant les courses (…) Un mec qui a une AUT (autorisation d’usage à des fins thérapeutiques) n’a rien à faire sur un vélo. Il n’est pas apte à être en compétition. Je ne comprends pas que les mecs fassent du vélo sous cortisone. Ils ont interdit le tramadol (en 2019), mais ça aurait été bien qu’ils fassent pareil avec les corticoïdes (…) Là je viens de voir qu’ils seraient interdits en course en 2022. On est toujours dans un cyclisme à deux vitesses."
Des propos que maintient encore aujourd’hui Thibaut Pinot, qui déplore le manque de prise de parole et de soutien de la part de ses pairs dans le peloton : "Pas de soutien, pas d’appel, personne. Je pensais que je serais un tout petit peu plus soutenu, surtout par les mecs de mon équipe. C’est pour ça que je peux quitter ce milieu sans regrets. J’ai souvent dit ce que je pensais, j’ai voulu aider, je n’ai pas eu de retour. Donc, maintenant, laissez-moi vivre ma vie. Certaines personnes vont me manquer, surtout dans le staff, mais le milieu, non."
2023, profiter, tout donner pour ne rien regretter.@groupamafdj @groupama @fdj pic.twitter.com/0RqZqjtPvi
— PINOT Thibaut (@ThibautPinot) January 12, 2023
N.O