« Je n’y arrive plus » : Le constat sans filtre de Julian Alaphilippe sur ses performances au Tour de France

Publié le 18 juillet 2023 à 9:33
ABACA
En difficulté depuis le début du Tour de France, Julian Alaphilippe a partagé une analyse franche de son niveau actuel sur la Grande Boucle. S'il est aujourd'hui bien loin de ses plus belles années, le Français n'en reste pas moins déterminé...

C’est un constat lucide que partage Julian Alaphilippe. À l’occasion de la journée de repos qui se tenait ce lundi 17 juillet sur le Tour de France, le coureur de 31 ans s’est longuement confié auprès de L’Équipe sur ses performances depuis le début de la Grande Boucle. Malgré une forte activité et de nombreuses tentatives d’attaques dans les échappées, le Français n’a toujours pas réussi à remporter d’étape depuis le départ de la course. L’ancien double champion du monde (2020 et 2021), ne cache pas avoir du mal à suivre le rythme effréné du peloton : "Les deux premières semaines ont été intenses, très difficiles. Ayant manqué le Tour l’an passé, j’avais presque oublié à quel point la bagarre était terrible ici, la vitesse folle, le stress énorme. Tout le monde roule à bloc, tout le temps. Le match entre (Tadej) Pogacar et (Jonas) Vingegaard complique encore la chose car leurs deux équipes veulent montrer à l’autre qui est la plus forte. Il y a certaines étapes que je pensais vraiment destinées aux échappées, mais UAE et Jumbo, surtout Jumbo, en fait, roulent tellement fort derrière qu’il n’y a rien à faire. C’est pour ça que j’ai dit, un soir, que je n’y comprenais plus grand-chose…"

Il faut dire que le public a longtemps été habitué à voir Julian Alaphilippe briller sur les routes du Tour de France. Vainqueur de six étapes sur la Grande Boucle, où il se paye même le luxe de terminer cinquième du classement général en 2019, le puncheur ne semble plus être capable de renouer avec son glorieux passé. Le Français sort d’une année 2022 compliquée, marquée par plusieurs chutes, dont une très grave survenue sur Liège-Bastogne-Liège lui causant un pneumothorax, deux côtes cassées et une fracture à une omoplate. "C’est le Tour où je souffre le plus car ma condition n’est pas parfaite, tout simplement. Quand il faut enchaîner les efforts maximums, à un moment, je n’y arrive plus", reconnaît ainsi Julian Alaphilippe. "Je suis bien en début de journée mais plus l’étape avance, moins j’arrive à garder mon niveau de performance pour rester devant. C’est pour ça que je ne me plains pas : même en ayant eu une grosse marge de manœuvre, je vois bien que je ne peux pas jouer la victoire. Quand je suis arrivé sur le Tour, j’ai pensé : ces deux belles étapes au Pays basque, elles sont faites pour moi ! Mais j’ai tout de suite senti que, physiquement, ce n’était pas possible."

"Je sais que je reviens de loin", poursuit le Français, qui compte encore ne pas ménager ses efforts : "Je suis dans un mood où je pense moins à gagner qu’à tout donner. Je suis fidèle à moi-même : c’est tout ou rien. Soit je suis au millimètre et je joue la victoire, soit j’explose, mais dans les deux cas, je vide le chargeur. Quitte à péter, autant le faire en étant acteur de la course plutôt que de souffrir en queue de peloton et se faire larguer sans rien avoir créé. Je ne fais pas ça pour passer à la télé, je fais ça parce que j’aime faire du vélo comme ça et que je suis lucide sur mon niveau : à l’heure actuelle, même si je roulais à l’économie, j’aurais du mal à gagner."

N.O

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