J.O. de Paris 2024 – Valentin Prades évoque le retrait de l’équitation des JO : « Je trouvais cette épreuve injuste »

Publié le 10 août 2024 à 8:22
Abdullah Firas/ABACA
INTERVIEW. À 31 ans, le champion d’Europe 2018 défend nos couleurs dans une discipline qui enchaîne équitation, escrime, natation, puis un combiné course à pied et tir (laser run). Rencontre avec un sportif accompli.

Le pentathlon moderne n’est pas la discipline la plus courante. Qu’est-ce qui a dicté votre choix ? 

Valentin Prades : Petit, je faisais plein de sports : judo, tennis, taekwondo… J’ai fini par pratiquer la natation, où j’avais un bon petit niveau régional. En parallèle, je gagnais les cross du collège, sans forcer. Un jour, ma mère a vu un reportage sur le « poney sport » de pentathlon moderne de Font-Romeu (Pyrénées-Orientales, ndlr), qui recrutait. Elle s’est dit que cela me conviendrait parfaitement, moi qui étais un peu hyperactif. Sans me demander mon avis, elle m’a inscrit à des tests de détection. J’ai été pris. En classe de seconde, je me suis donc retrouvé en sport-études, alors que je ne connaissais rien au pentathlon moderne. J’en suis tombé amoureux, et ça m’a calmé très rapidement.

Pouvez-vous nous expliquer le principe du tir-course, ultime épreuve, à suivre, ce jour, à partir de 17 h 30 précisément ? 

En fait, c’est comme le biathlon, à part que la carabine est remplacée par le pistolet. Gamin, j’ai eu la chance de rencontrer Martin Fourcade (biathlète français), avec qui j’échange régulièrement, depuis. Pour la petite anecdote, lorsqu’il a remporté sa première médaille olympique, à Vancouver, en 2010, il est venu témoigner dans mon lycée. À la fin, il m’a offert sa doudoune des J.O., que j’ai encore chez moi, comme une relique. 

Après Paris 2024, un grand changement attend votre discipline… 

L’équitation, présente depuis les Jeux de 1912, va être supprimée. Je ne vais pas m’en plaindre, car je trouvais cette épreuve injuste, dans la mesure où le cheval qui nous est attribué est tiré au sort. On n’a jamais eu de chevaux homogènes sur les compétitions. Pour moi, il est inacceptable de jouer une médaille olympique, après des années de préparation, sur un tirage au sort. On va donc remplacer l’équitation par quelque chose de beaucoup plus dynamique : une course urbaine, type Ninja Warrior, visuellement spectaculaire, et que les jeunes adorent. Je suis assez enthousiaste par rapport aux années à venir. 

En attendant, vous êtes focus sur les Jeux… 

J’attends ce moment avec excitation. Je suis d’autant plus motivé que je vais concourir devant ma fille, qui aura presque 4 ans pendant la compétition. Plus grande, j’espère qu’elle gardera en mémoire le souvenir d’un papa sur le podium. 

J.O. de Paris 2024 : pentathlon moderne, à partir de 13h30 sur France 2

Par
Frédéric Lohézic