« Il y a eu quelques conséquences » : Les confidences de Renaud Lavillenie sur ses larmes aux Jeux olympiques de 2016

Publié le 15 mars 2024 à 10:11
Canal+
Présent dans En Aparté ce jeudi 14 mars, Renaud Lavillenie est revenue sur l'expérience compliquée des Jeux olympiques de Rio, en 2016, où le Français s'était fait lourdement siffler par le public brésilien.

C’est une image qui avait marqué les esprits. En 2016, Renaud Lavillenie termine deuxième des Jeux olympiques de Rio, derrière le Brésilien Thiago Braz. Lors de la cérémonie des médailles, le Français se fait conspuer par le public présent dans les tribunes. Ne pouvant contenir son émotion, c’est en larmes que "Air Lavillenie" termine la séquence. La veille, lors du concours, le perchiste tricolore avait déjà dû faire face aux sifflets des spectateurs de Rio : "Sur le concours, tous mes premiers sauts se passent super bien, il y a une superbe ambiance. Jusqu’à ce que je passe 5m93, tout va bien. Mais au moment où le Brésilien passe 5m93, là le public a changé. Ils ont commencé par siffler les autres adversaires, et après ils ont tout lâché sur moi", s’est-il souvenu dans En Aparté ce jeudi 14 mars. Le Français était présent dans l’émission de Canal+ pour présenter son autobiographie Je ne regrette (presque) rien.

"Ça a été quand même très compliqué parce que je fais 5m98 dans ce contexte très hostile", se souvient Renaud Lavillenie. "En plus le Brésilien qui explose ce jour-là, un peu sorti de nulle part, ça nous a tous très surpris. J’ai accepté le côté sportif de finir deuxième, ce n’est pas une contreperformance de finir deuxième aux JO ! Mais il n’y a pas eu la saveur qu’il y aurait pu avoir parce qu’à côté, c’était l’enfer."

À l’issue du concours, Renaud Lavillenie avait comparé maladroitement sa situation à celle de Jesse Owens, athlète noir qui avait participé aux Jeux olympiques de Berlin en 1936 en Allemagne nazie. Des propos qui ont fait exploser de colère les Brésiliens, qui ont donc décidé de se venger lors de la cérémonie des médailles. De son côté, le Français a rapidement regretté ses mots tenus sous le coup de l’émotion : "Je passe une demi-heure sur le stade où c’est quand même tendu. Il faut imaginer aussi tout la décharge d’émotion, d’adrénaline qui part. 10 minutes après, on se retrouve sous le feu des projecteurs à devoir régir à chaud. Je n’ai pas eu le temps d’avoir pu échanger avec mon agent, pour se dire de faire attention…"

Une mésaventure que n’est pas prêt de reproduire Renaud Lavillenie, qui a tiré des leçons de cet épisode douloureux de sa carrière : "Il y a eu quelques conséquences. Ça m’a appris à un peu plus mesuré quand ça se passe mal et de ne pas avoir peur de ne rien dire plutôt que de dire une bêtise. Malheureusement, c’est l’expérience qui fait que l’on apprend comme ça."

Par
Benoît Lesueur