Grand Prix d’Australie (Canal+) – Isack Hadjar en route vers la victoire

Publié le 7 mars 2026 à 19:00
PA Photos/ABACA
Après une saison seulement, le pilote français arrive chez Red Bull comme coéquipier de Max Verstappen, quadruple champion du monde, de 2021 à 2024. Portrait d’un petit prodige. 

Isack Hadjar annonçait la couleur, à quelques semaines du Championnat du monde 2026, qui débute aujourd’hui, à Melbourne, en Australie : « Mon objectif, cette saison, est de gagner ma première course… au moins. » L’année dernière, déjà, à 20 ans, 11 mois et 3 jours, il devenait le plus jeune Français de l’Histoire à signer un podium en Grand Prix. C’était en août, à Zandvoort (Pays-Bas). 

Depuis, tout s’est accéléré pour le pilote, engagé par Red Bull Racing, écurie du Néerlandais au tempérament explosif, Max Verstappen. Pas de quoi inquiéter Yassine, le papa d’Isack, un physicien d’origine algérienne, lui-même ancien coureur amateur. Filmé pour la série documentaire de Canal+, Team Hadjar, ce dernier confie, devant une photo de Verstappen et de son fils : « Ça fait quand même bizarre. Max, la légende… C’est la meilleure chose qui puisse arriver à Isack. Avoir à ses côtés le meilleur, il n’y a pas mieux pour apprendre. Depuis le début de sa carrière, il n’a hésité à sauter les étapes. Il le faisait à 7, 8, 9, 10 ans. Alors, à 21 ans, je pense qu’il est suffisamment armé pour se défendre. »

FLASH MCQUEEN, SON HÉROS 

Entre un Hadjar ambitieux et l’enfant terrible des circuits, aucun risque d’étincelles, vraiment ? Julien Fébreau, voix de la F1 sur la chaîne cryptée, rassure : « Isack a compris que, dans un laps de temps court, Max serait très difficile à battre, de par son expérience au sein de l’équipe et sa plus complète maîtrise du pilotage. À lui d’appliquer son comportement sur la piste, en fonction de ces paramètres. L’un et l’autre sont intelligents et ont tout intérêt à travailler ensemble, pour faire progresser l’écurie. Surtout avec des voitures aussi nouvelles (plus petites et plus légères, ndlr), et des règlementations aussi jeunes (le partage thermique-électrique du moteur passe d’un rapport de 80 %/20 % à 50/50, utilisation d’ailerons orientables à distance…). »

Le perfectionnisme du jeune prodige lui vaut le surnom de « petit Prost ». « Un qualificatif qu’on doit à Helmut Marko (ancien boss du programme Red Bull Junior Team, qui avait repéré Isack, pour l’y intégrer), rappelle Margot Laffite, autre visage de la F1 sur Canal+ : « C’est vrai qu’ils se ressemblent un peu, physiquement, avec Alain… Peut-être aussi dans leur implication et leurs retours techniques, avec les équipes. » Bien que fan d’Ayrton Senna, le champion en herbe voue un grand respect à Prost. Il lui a d’ailleurs fait cadeau d’un casque, dont le design rendait hommage à son aîné. Geste qui a particulièrement touché l’ultime Français champion du monde de F1. « Je n’avais que celui d’Ayrton, jusqu’à présent », concède « le professeur », qui a même adoubé le nouvel espoir tricolore de sa discipline : « Au début, quand tu arrêtes de courir, tu n’as pas très envie qu’un Français soit champion du monde. Mais là, trente ans après, ça me ferait un plaisir immense. » Pas tant qu’à Isack, dont la passion pour ce sport est née d’un film d’animation : « Cars est sorti quand j’avais un an et demi. J’ai grandi avec Flash McQueen. Il était mon héros. » 

Grand Prix d’Australie, dimanche 8 mars à 5h00 sur Canal+

Par
Frédéric Lohézic