« Relève-toi bonobo » : Victime de propos racistes, Loïc Akono décide de quitter le terrain lors d’un match de N2 en basket

Publié le 30 janvier 2023 à 10:05
Youtube / Metz Basket Canonniers
Ancien joueur professionnel passé par Nanterre, Loïc Akono, qui évolue aujourd'hui en Nationale 2 avec Metz, a été la cible d'injures racistes lors du déplacement de son équipe à Charleville-Mézières ce dimanche 29 janvier. Face à l'absence de réaction du corps arbitral, le joueur a pris la décision forte de quitter le terrain avant la fin de la rencontre.

Un geste fort. Ce dimanche 29 janvier, Metz se déplaçait à Charleville-Mezières à l’occasion de la 15e journée de Nationale 2, correspondant au championnat de quatrième division du basket en France. Ce match a été marqué par les propos racistes proférés à l’encontre du Messin Loïc Akono. Alors que le meneur a chuté à la suite d’un duel, un spectateur a crié "relève-toi bonobo" à l’ancien joueur professionnel passé notamment par Gravelines et Nanterre. Face à l’absence de réaction des arbitres qui ont pourtant entendu les insultes racistes, Loïc Akono a décidé de rentrer aux vestiaires avant la fin du troisième quart-temps.

Après la rencontre, Loïc Akono a raconté les faits auprès de BeBasket : "J’étais au sol, mon coéquipier Kevin Kaly court pour me relever, me tend la main et d’un coup tourne la tête : « Wow attends, ils ont dit quoi là ? » Et il me répète ce qu’il a été dit : « Relève-toi bonobo »", raconte le joueur de 35 ans, sous le choc. "Au même moment, l’arbitre arrive sur l’action, m’indique qu’il a entendu mais me dit de garder mon calme, que le jeu va reprendre. Moi, je ne pouvais pas laisser le jeu reprendre. J’avais envie de parler avec ces gens-là, de leur adresser un petit mot. Donc je vais vers eux en leur disant : « Moi je suis un bonobo ? Moi je suis un bonobo ? » À ce moment-là, l’arbitre me dit qu’il ne faut pas parler avec les gens du public, que ça va se retourner contre moi, que je vais me prendre une faute technique." Dépité, Loïc Akono décide alors de quitter le parquet : "À partir de là, c’est allé très vite. Mon coach m’a sorti. En une fraction de seconde, j’ai réalisé qu’on m’avait insulté de bonobo et que c’est comme si l’on m’avait coupé la langue derrière, en me disant que je n’avais rien le droit de dire, de faire et que je devais encaisser pour continuer à jouer tranquillement. J’ai donc pris la décision de quitter le terrain et je suis resté sur cette position-là. J’avais envie de marquer les esprits, marquer le coup."

"Après un peu de recul, je pense clairement que la situation aurait pu être maîtrisée différemment par les arbitres", raconte Loïc Akono, dépité de ne pas avoir été entendu par l’arbitre du match : "Ils auraient dû arrêter le jeu. Cela n’a pas été fait. Derrière, le match a continué normalement et la personne n’a pas été exclue de la salle. Pourtant, mon capitaine Kevin Kaly a dit aux arbitres que ce n’était pas normal que cet individu reste en tribunes mais rien n’a été fait. Ce soir, je suis encore dégoûté. En fait, je n’arrive pas à me rendre compte que je me suis fait insulter de singe et cela me fait mal au plus profond de moi-même. Sur le terrain, j’avais des larmes de nerfs. C’est dur. Je n’arrive pas à trouver les mots. J’essaye de réfléchir, d’y penser, de me demander pourquoi ça m’arrive à moi mais je n’y arrive pas. Franchement, c’est très dur. Ce sont des mots très difficiles, il va me falloir un peu de temps pour m’en remettre. Je ne sais pas comment expliquer mon ressenti mais pour utiliser des mots simples, cela fait mal, très très mal. C’est dommage qu’il y ait encore ce type d’attitude en 2023…"

Sur Twitter, Loïc Akono est revenu sur l’incident en partageant un nouveau témoignage fort : "J’ai décidé de quitter le terrain aujourd’hui à Charleville-Mézières après cette phrase d’une personne dans les gradins « relève-toi bonobo ». Et le comble je me suis fait menacer de prendre une faute technique parce que j’avais des choses à leur dire. C’est bien la première fois que ça m’arrive. J’ai pris cette position de rentrer au vestiaire et rien n’allait me faire changer. C’est bien dommage en 2023 d’en arriver là mais je ne pouvais pas rester sur ce terrain." BeBasket précise que Loïc Akono doit rencontrer ses dirigeants ce lundi 30 janvier afin de prendre les mesures nécessaires à la suite de cet acte raciste.

N.O

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