C’est un départ qui avait fait beaucoup parler à l’époque. En 2021, Alexandre Ruiz annonce sur ses réseaux sociaux qu’il quitte beIN Sports, où il officiait depuis 2012 : "Je souhaite le meilleur à la chaîne, qui est devenue une référence en France et en Europe. Et ça c’est grâce à vous les abonnés. Je vais vivre d’autres aventures, motivées par quelque chose de profond en moi et qui a été motivé par les miens." Quelques jours plus tard, une enquête de Mediapart révélait que la chaîne avait poussé pour le départ du journaliste, qui aurait tenu des propos sexistes à sa collègue Vanessa Le Moigne. Alors que cette dernière devait interviewer un dirigeant du football français, Alexandre Ruiz aurait lancé : "Pourquoi il veut venir dans son émission ? Il veut la choper ou quoi ?". Une version confirmée par la principale intéressée dans Mediapart : "Il a commencé par me dire que s’il avait dit ça, c’est parce qu’il était inquiet pour moi. Puis il m’a répondu, en gros, qu’il fallait qu’on arrête avec nos trucs, qu’on ne pouvait plus rien dire, et il a fini par nier que c’était lui et par mettre la faute sur un autre participant de la réunion…"
À l’occasion d’un entretien accordé à L’Équipe ce jeudi 6 avril, Alexandre Ruiz est revenu sur son départ de beIN Sports : "J’étais à la meilleure place, je présentais l’affiche européenne, la Ligue des champions allait revenir, la Coupe du monde au Qatar approchait… Mais je voulais poursuivre mon accomplissement personnel", assure le journaliste de 47 ans, qui publie régulièrement des vidéos sur sa chaîne Youtube. "J’ai cherché : dois-je changer de métier, de cadre social ? Je me voyais ouvrir un resto avec un collègue… Mais je connaissais aussi le développement de Twitch en Espagne, je participais à des lives d’Ibai Llanos et j’avais discuté avec beIN pour développer cet aspect digital sur lequel la France avait du retard. Mais je n’ai pas senti la volonté d’y aller."
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Ainsi, Alexandre Ruiz démissionne "sans aucun deal financier". En raison des accusations à son encontre, le commentateur sportif a tenu à faire une mise au point sur son contentieux l’opposant à Vanessa Le Moigne : "Personne n’a cherché la vérité. Dans cette réunion de programmation où on évoquait l’invitation de Pablo Longoria, alors directeur sportif de l’OM, je lance une blague du type : « J’espère que c’est bien pour parler surf ! » Mais en aucun cas des mots vulgaires, je n’ai pas été élevé ainsi. Vanessa n’était pas présente à cette réunion, des propos lui ont été rapportés. Il y a eu un amalgame. Dans l’avertissement que j’ai reçu, le terme de comportement sexiste a été utilisé. Mais on m’y a aussi reproché mes publications sur Twitter pour saluer le travail de deux femmes brillantes, Charlotte Gabas et Aurore Thibault, qui figuraient dans le plan social de la chaîne. Comprenez-vous le paradoxe ? J’aurais pu partir à la bataille… Mais, en pleine affaire Ménès, aurait-on entendu ma voix ?"
"Quelque chose m’a flingué", poursuit Alexandre Ruiz, qui confie avoir été fortement marqué par cet épisode de sa carrière. "Un jour, je rentre chez moi et ma fille aînée, elle avait 9 ans, me dit : « C’est quoi le sexisme et pourquoi on parle de toi ? » À ce moment-là, j’ai voulu répondre par le biais de mes réseaux sociaux. Finalement, j’ai préféré me rendre à l’école. Des gens m’ont demandé si j’étais la personne décrite dans les médias… Cela m’a fait mal. Je leur ai dit : « Vous me voyez avec mes enfants, je n’ai pas deux visages. » Professionnellement, cela m’a fermé des portes. À ce moment là, j’avais des contrats ficelés qui se sont déficelés. Je n’ai pas cherché à renouer, j’ai estimé que ces gens ne me connaissaient pas. Je ne voulais pas perdre mon temps. Free est arrivé, Webedia aussi et j’en suis ravi."
N.O