« Je croyais que j’allais mourir » : Yann M’Vila se confie sur sa « profonde dépression »

Publié le 3 mars 2023 à 10:54
Abaca
Ancien grand espoir de Ligue 1, Yann M’Vila, qui évolue désormais à l’Olympiakos, s'est confié sur la dépression qu’il a traversée.

C’est une parole rare. Peu de joueurs acceptent en effet de se livrer sur leur période de doutes et encore moins sur la dépression, pour ceux qui l’ont traversée. Mais Yann M’Vila, ancien grand espoir de la Ligue 1, a accepté de briser ce tabou dans les colonnes de nos confrères de Libération. Passé par Rennes, l’Inter Milan ou Sunderland, le milieu défensif a expliqué qu’il avait commencé à sombrer en 2016, lors de son retour au Rubin Kazan, à la suite d’un prêt. "Quand je retourne à Kazan en 2016, les dirigeants me font le plus gros contrat qu’il m’ait jamais été donné de signer (autour de 6 millions par an selon la presse de l’époque, avec une grosse prime à la signature). L’argent ne fait pas le bonheur, j’en parle en connaissance de cause : c’est à ce moment-là que je plonge dans une profonde dépression", a-t-il révélé en préambule. La maladie lui a alors provoqué de nombreuses "crises d’angoisse". "Il y avait un contexte aussi : l’éloignement, la solitude, l’impression que l’étiquette qu’on m’a collée ne s’effacera jamais… J’angoissais aussi de tout perdre. Matériellement, mais aussi la possibilité de pratiquer le sport auquel j’ai dévoué ma vie. Je me suis réveillé un matin en tremblant. Je croyais que j’allais mourir. Je suis allé sur Internet et j’ai vu qu’en fait, on ne mourrait pas comme ça, ce qui m’a un peu rassuré. Je suis sorti prendre l’air mais ça n’est pas passé", s’est-il remémoré. 

Il raconte que, pour surmonter cette épreuve, le médecin du club lui faisait "des piqûres dans les fesses tous les soirs". "Bon… la dépendance rentre dans ta tête, elle peut t’emmener vers autre chose type Lexomil, Xanax… Avant les matchs, j’avais envie de vomir. Et sur le terrain : nickel", s’est-il rappelé. "J’ai ressenti le besoin de me renfermer sur moi-même. Ça m’a aidé. Les joueurs de foot sont comme tout le monde alors qu’ils ne vivent pas les mêmes situations que les autres (…) La vie sociale, tu ne la connais pas. On te dit : “Attention aux réseaux sociaux… attention à l’entourage… attention ci…” mais en fait, on ne te parle pas. Certains passent quatre ans en centre de formation pour se faire jeter à 18 ans et ils se retrouvent à porter des palettes. Je suis convaincu que c’est cette fragilité-là qui m’a rattrapé en 2016", a assuré Yann M’Vila. Le joueur évolue désormais à l’Olympiakos, à Athènes, qui pointe à la troisième place du championnat grec. 

L.C

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