C’est un véritable scandale qui a éclaté dans le modeste club de football de Crawley Town, situé au sud de Londres. John Yems, entraîneur de l’équipe qui évolue en quatrième division anglaise, a été suspendu au mois d’avril dernier à la suite d’accusations "graves et crédibles" selon lesquelles il aurait eu un comportement discriminatoire à l’encontre de ses joueurs, avait dévoilé Sportsmail.
Ce mardi 3 mai, le Daily Mail a apporté de nouvelles révélations dans cette affaire qui secoue le football anglais. D’après le quotidien, John Yems aurait mis en place un système de ségrégation raciale au sein de son vestiaire, en séparant les joueurs de couleurs des joueurs blancs. L’homme de 62 ans aurait ainsi incité à ces derniers de "ne pas se changer dans la salle des garçons noirs". John Yems s’en serait également pris à certains footballeurs d’origine asiatique, en les qualifiant de "terroristes, kamikazes et de mangeurs de curry", tout en s’acharnant sur un joueur de l’équipe jeune, conseillé de ne "pas prendre le train avec un sac à dos car les passagers penseraient qu’il se ferait exploser".
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La liste des actes racistes dont John Yems aurait été l’acteur ne s’arrête pas là. Le Daily Mail ajoute, entre autres, que le Britannique qualifiait souvent les joueurs noirs de "negro" ou encore de "guerrier zoulou". Ainsi, pas moins de sept joueurs se sont plaints au syndicat des footballeurs professionnels (PFA). Au moins deux d’entre eux ont dû consulter un psychologue à cause du harcèlement raciste présumé de leur entraîneur. Au cours d’un témoignage anonyme, un joueur a déclaré à Sportsmail que la situation durerait depuis plusieurs mois déjà : "Personne ne l’a interpellé à ce sujet car c’est lui le chef et nous ne nous sentions pas capables de le faire."
Un membre de l’encadrement de Crawley Town, qui a aussi souhaité garder son anonymat, a affirmé que John Yems faisait tout pour entretenir un climat de terreur dans son équipe. Alors qu’une enquête de la Fédération anglaise a été ouverte pour "violation de la règle E3", qui interdit "la discrimination contre les caractéristiques protégées d’un autre individu comme la race, la couleur, la religion, l’orientation sexuelle ou le handicap", un membre de l’instance a déclaré au quotidien : "Nous traitons les allégations extrêmement sérieusement et nous menons une enquête. Nous ne pouvons pas faire de commentaires tant que celle-ci n’est pas terminée."
Benoît Lesueur