Euro 2024 – Didier Deschamps : « J’ai toujours placé l’équipe de France au-dessus de tout »

Publié le 7 juin 2024 à 8:07
Fernandez Baptiste/Icon Sport/ABACA
INTERVIEW. Homme de défis et de devoir, le sélectionneur a pour mission d’emmener les Bleus le plus haut possible. Sans fanfaronner !

L’Euro est la seule compétition qui manque à votre palmarès en tant que sélectionneur. C’est une motivation supplémentaire, à l’aube de cette compétition ? 

Didier Deschamps : L’Euro 2024 n’est pas une motivation personnelle, mais un objectif collectif. J’aborde chaque compétition avec l’envie de tout faire pour aller le plus loin possible, en me nourrissant des expériences passées. 

Avez-vous une façon particulière de vous préparer, physiquement et mentalement, pour ce rendez-vous, en plus de vos légendaires séances de gainage ? 

Pendant les rassemblements de l’équipe de France, je me coupe de l’actu et des débats. Bien sûr, s’il y a une info importante, je me mets au courant. Mais je veux conserver ma tranquillité. C’est important quand on est amené à prendre des décisions. Effectivement, je m’entretiens physiquement. En faisant du gainage, notamment.

À propos de gainage, avez-vous parfois défié vos joueurs, sur ce terrain ? Si oui, lequel est le plus endurant ? 

Je ne défie pas les joueurs, non. Mais je peux vous dire que ce sont tous de vrais athlètes. Ils ont parfaitement conscience que leur corps est leur outil de travail et qu’ils doivent en prendre soin. Ils passent beaucoup de temps en salle de sport, avant l’entraînement sur le terrain, et en salle de soins, après. 

Didier Deschamps : "Je mesure chaque jour le privilège de diriger cette équipe"

On vous dit superstitieux… La finale de l’Euro se jouera le 14 juillet. Y voyez-vous un signe du destin ? 

Avant de penser à une éventuelle finale, pensons déjà au premier tour. L’Autriche est sous-estimée. C’est une équipe très solide. Les Pays-Bas font partie des meilleures nations mondiales depuis très longtemps. Quant à la Pologne, peut-être l’avez-vous oublié, mais ce ne fut pas une partie de plaisir lors de la dernière Coupe du monde. Nous sommes dans un groupe très dense. Qualifions-nous et, après, on pourra se projeter sur le tableau final. 

Vous avez pris les rênes de l’équipe de France, il y a douze ans. Avez-vous le sentiment d’avoir évolué dans votre management ? Si oui, de quelle façon ? Et pour quelles raisons ? 

J’ai évolué. L’expérience aidant, je n’appréhende plus toutes les situations de la même façon. J’ai toujours dit que mon maître-mot était de m’adapter. Ce qui n’a pas changé en revanche, c’est mon attachement au maillot bleu, mon enthousiasme, ma détermination. J’ai toujours placé l’équipe de France au-dessus de tout dans ma carrière, et je mesure chaque jour le privilège de diriger cette équipe. Et les devoirs qui vont avec. 

Didier Deschamps : "Kylian Mbappé est un joueur hors norme"

Kopa, Platini, Zidane… ont tous franchi un cap en allant jouer à l’étranger. Le départ de Kylian Mbappé chez un grand d’Europe (a priori le Real Madrid) doit être une excellente nouvelle pour vous… 

C’est un choix de carrière que je respecte, comme pour chaque joueur. Je continuerai à le suivre là où il ira. J’ai toujours beaucoup échangé avec Kylian, et davantage encore depuis que je l’ai nommé capitaine. C’est un joueur hors norme, capable de faire basculer l’issue d’un match, mais je peux vous assurer qu’il est tourné vers le collectif. Je n’ai vraiment aucune inquiétude quant à son adaptation rapide à son nouvel environnement. 

Durant l’Euro, comment occuperez-vous vos rares moments de calme : à lire des livres, des magazines ou des journaux, à visionner des séries ou des films, à écouter de la musique ? 

Je ne lis plus la presse pendant les rassemblements. Je vais faire du sport, car quand on est bien dans son corps, on est bien dans sa tête. En écoutant de la musique, éventuellement, mais pas forcément les mêmes morceaux que ceux des joueurs. Nous allons vivre plusieurs semaines dans une bulle. Les rares moments de répit permettent aussi de prendre des nouvelles de la famille, des proches. C’est très important, pour moi. 

Si vous deviez bâtir la meilleure équipe de France, toutes générations confondues, quel onze composeriez-vous ? 

Ça ne m’intéresse pas. Je ne veux pas choisir entre des joueurs de générations différentes. Tous les internationaux sont des grands joueurs qui ont servi du mieux qu’ils pouvaient l’équipe de France. Pourquoi les opposer, les comparer ? Tous font partie de sa riche histoire. J’ai le plus grand respect pour chacun d’entre eux. 

Par
Frédéric Lohézic