C’est une interview sans la moindre langue de bois qu’a accepté de livrer Christian Gourcuff. En effet, à l’occasion de la sortie de son livre "Ma quête du jeu idéal", aux Éditions Amphora, l’ancien entraîneur du FC Lorient s’est confié à nos confrères du Parisien. Il est notamment revenu sur sa vision pessimiste du football actuel. "Je suis tellement en décalage avec le foot qui est le reflet de la société", a-t-il concédé en préambule. "Mes dernières années ont d’ailleurs été pénibles tellement il y avait de choses qui m’énervaient (…) J’étais trop en décalage avec tout. C’était bien que cela s’arrête", a-t-il continué. Il assure ne plus regarder de matchs car le foot ne lui donne plus de plaisir. "Il y a un capitalisme mondialisé qui a pris le pouvoir (…) L’opportunisme est devenu délirant dans le football comme dans la société. Avant, les clubs avaient le statut d’associations avec des dirigeants qui étaient des notables locaux. Certes, cela donnait parfois des dérives. Mais aujourd’hui, on a des multinationales qui contrôlent des clubs et n’ont que des intérêts financiers. Les valeurs du sport en sont dévoyées. Et beaucoup de gens ne le voient même pas", a-t-il regretté.
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Il déplore notamment "l’agressivité de la publicité des paris sportifs". "On glorifie le seul résultat. Et cela conditionne aussi le public. Les gens veulent un résultat car ils ont mis de l’argent. Or, ce qui compte dans le sport, c’est la manière d’arriver à un résultat. Pas le résultat seul. Et parfois, on glorifie les tricheries à cause de cela", a continué le coach breton. Interrogé sur les fragilités rencontrées par son fils Yoann Gourcuff, l’ancien entraîneur de Rennes a accepté d’évoquer le sujet. "C’est vrai qu’il a souffert. Je ne veux pas trop parler de lui. Mais c’est un passionné qui a eu des problèmes physiques qui l’ont plombé mentalement. Et on a tout inversé en disant qu’il avait un problème mental. Quel truc de fou. S’il était malheureux, c’est à cause de ses blessures. Pas l’inverse", a conclu Christian Gourcuff.
L.C