Comment est l’ambiance en Allemagne depuis le début de cet Euro 2024 ?
Disons qu’on est dans un coin qui n’est pas le plus festif du pays ! (rires) Mais c’est notamment pour ça que les Bleus ont établis leur camp de base à Paderborn. On est au calme et au vert disons… La météo n’est pas dingue depuis le début de l’Euro, mais l’ambiance est plutôt bonne au sein de la caravane des suiveurs. Ça se passe aussi bien avec les joueurs, même si le staff des Bleus est très attentif à ce qu’on peut sortir ou ne pas sortir sur les compositions d’équipe.
Les évènements politiques récents se ressentent-ils sur les supporters français présents en Allemagne ?
Il est vrai que ces considérations politiques nous paraissent lointaines, même si nous ne sommes pas si loin de la France. Ici, les gens vivent au rythme de cet Euro, qui n’est pas très bien organisé d’ailleurs. Il y a pas mal de souci, ce n’est pas à la hauteur de l’image que nous Français pouvons avoir de l’Allemagne. Mais il y a beaucoup de ferveur, les supporters que l’on croise sont forcément très intéressés par les Bleus. On suit ce qu’il se passe en France, mais nous sommes un peu dans notre bulle. On ne vit pas la même compétition que vous, qui êtes actuellement en France.
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"J’ai voulu faire ce métier pour ces moments"
Après une saison passée majoritairement en plateau au sein de l’émission "L’équipe de choc", que ressentez-vous avec ce retour sur le terrain ?
C’est très excitant. Il s’agit de ma troisième compétition pour la chaîne L’Equipe. J’avais commencé avec l’Euro 2021, puis il y a eu la Coupe du Monde 2022. J’ai toujours gardé le lien avec les Bleus, même cette année avec le suivi des matchs même si les rassemblements étaient beaucoup plus courts. J’adore cette expérience de compétition, c’est l’essence du métier. On cherche des informations, on relate ce qu’on voit et ce qu’on sait aux gens qui nous regardent… Au début du tournoi, il y avait beaucoup d’heures d’antenne autour des Bleus, ça demandait beaucoup de travail, d’énergie et de concentration, mais j’aime ça. Et puis vivre les matchs au stade, j’ai voulu faire ce métier pour ça. C’est la cerise sur le gâteau.
Quels sont les rapports que vous avez sur place avec les joueurs, le staff des Bleus ou même Didier Deschamps, avec qui vous avez déjà eu des échanges parfois insolites à l’antenne ?
Avec Didier Deschamps, il y a beaucoup moins d’échanges qu’habituellement. Sur les matchs amicaux, on a les droits qui nous permettent d’avoir accès au sélectionneur en face à face. Là pour l’Euro, ce n’est pas le cas donc les contacts sont bien plus restreints. Ça se limite aux conférences de presse. C’est la même chose avec les joueurs et le staff, mais c’est toujours le cas dans toutes les grandes compétitions. Ils sont beaucoup plus concentrés et il y a moins de moments pour se rencontrer.
Vous intervenez également dans "L’Equipe du soir", en prenant part aux débats depuis l’Allemagne…
Ce n’est pas un exercice qui est nouveau pour moi, car c’est comme ça que j’ai commencé. Cela dit, j’ai moins participé lors des derniers mois à « L’Equipe du Soir » car je faisais « L’Equipe de choc ». Ce qui est bien, c’est de pouvoir confronter mon avis, en ayant vu le match au stade, avec des personnes qui elles ont vu le match à la télévision comme quasiment tous les Français. Échanger avec les journalistes ou les anciens joueurs est toujours intéressant. De plus, ça me permet de rediscuter avec des collègues avec qui j’ai moins eu le loisir de travailler ces derniers temps.
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"L’inefficacité des Bleus me donne des raisons de douter"
Quel regard portez-vous sur les prestations de l’équipe de France depuis le début de l’Euro ?
Je trouve que le début de compétition des Bleus était plutôt bon. On s’aperçoit que dans notre groupe, il y a eu deux autres équipes qualifiées pour les huitièmes de finale (Pays-Bas, Autriche). C’était assez relevé et j’ai trouvé les deux premiers matchs (Autriche, Pays-Bas) plutôt bons dans le contenu, mais pas dans la finition malheureusement. Le match contre la Pologne m’a énormément déçu, je pensais que les Bleus seraient plus dangereux contre une équipe qui était assez faible. Cela étant, on a pour nous la solidité et on sait que c’est souvent comme ça que l’on peut gagner des grandes compétitions, les Français en savent quelque chose. Sur l’efficacité en revanche, ça me questionne et ça m’inquiète. On en est à quatre matchs et le constat est le même : il y a pas mal d’occasions et aucune de convertie, malgré des systèmes ou des joueurs différents. J’espère que ça va finir par venir mais il y a des raisons de douter. Plus on avance dans les tours, meilleures sont les équipes en face et il faut être réaliste. Ça peut arriver d’avoir un jour sans offensivement, mais là on en est à quatre fois… Le meilleur buteur de notre équipe c’est « contre-son-camp ».
La France va affronter le Portugal lors des quarts de finale, comment voyez-vous cette affiche ?
Les Portugais ont vraiment une bonne équipe, pour moi ils sont parmi les favoris. C’est évidemment la sélection la plus difficile à jouer que l’on affronte depuis le début de l’Euro. Ils ont un XI performant, un banc de touche capable d’apporter et de faire des différences, ce qui n’était pas le cas des Belges par exemple. Je ne suis pas hyper-optimiste pour être tout à fait honnête, même si j’espère évidemment que les Bleus vont gagner. Il y a des raisons de douter. Pour le moment, Kylian Mbappé et Antoine Griezmann, qui sont censés être nos meilleurs joueurs, ne font pas une bonne compétition, pour des raisons différentes. Il va falloir qu’ils hissent leur niveau car une équipe ne peut pas gagner un tel tournoi sans ses meilleurs éléments. Malgré tout, il ne faut pas oublier que les Bleus de Didier Deschamps ont une régularité dans les matchs couperets. Sans être belle, cette équipe passe les tours. Si j’étais portugais, je ne serais pas très optimiste non plus.