A-t-il été simple de vous mettre ici à nu, vous qui êtes d’un naturel réservé ?
Amandine Henry : Ce n’est jamais facile, je ne le fais pas souvent, mais là, je pense que ça valait le coup. Surtout pour défendre des choses qui me tiennent à cœur : faire la promotion du foot féminin, donner envie à la future génération, tout en montrant qu’une carrière est constituée de hauts et de bas. Je voulais aussi partager mon immersion aux États-Unis.
Justement, comment cela se passe-t-il, là-bas ? Dans le documentaire, on vous suit au Angel City de Los Angeles. Or, vous avez récemment changé de club…
En un an, je suis passée d’Angel City aux Utah Royals, qui n’ont que quelques mois d’existence. Malheureusement, le tournage s’est terminé avant ce transfert. Aux États-Unis, le système est totalement différent de chez nous. Là-bas, on appartient non seulement à un club, mais aussi à la Fédération, dont l’objectif est d’obtenir un championnat assez homogène. D’où ces roulements d’effectifs plus nombreux, entre franchises. Mais je suis heureuse aux Royals, basés à Salt Lake City…
L’environnement est-il plus facile à gérer qu’à Los Angeles ?
À Los Angeles, iI ne faut pas croire que, parce que l’on voit Eva Longoria en tribune, les joueuses se mélangent aux stars. Ni qu’elles passent leur temps à la plage. Moi, je vivais à Woodland Hills, pas à Beverly Hills ni à Santa Monica ! C’est sûr que Salt Lake City est beaucoup plus calme. Et, comme la ville est en altitude, c’est bien pour les globules blancs et la préparation physique… (Rires)
Votre papa semble avoir joué un rôle essentiel dans votre carrière. Peut-on parler de relation fusionnelle entre vous ?
Depuis l’âge de 5 ans, je mange, je dors, je vis pour le foot. Mon père est mon premier supporter. Il a énormément compté, non seulement dans ma vie de joueuse, mais de femme, également. Sans son exigence, je n’aurais pas fait une telle carrière. Bon, on s’est parfois pris la tête. Il y a eu des soirées un peu compliquées, pour ma sœur et ma mère, entre nous deux. Mais il y a surtout beaucoup d’amour dans tout ça.
À lire également
Comme avec votre compagnon, Karim, qui est d’un soutien permanent… Comment vous êtes-vous rencontrés ?
On s’est connus gamins, lorsqu’on jouait à l’Iris Club de Lambersart (2001-2004). Et ça fait treize ans qu’on est ensemble. C’est vrai qu’il est pas mal ! (Rires)
Fonder une famille fait-il partie de vos projets d’après-carrière ?
Oui, mais pour l’instant, je suis focus sur les J.O. avec l’équipe de France. On verra ce qui se passera après, car c’est compliqué de combiner les deux. À un moment donné, il faudra pourtant faire un choix. Quant à ma future reconversion, j’aimerais devenir directrice sportive afin de redonner au foot tout ce qu’il m’a apporté. J’aime voir d’anciennes joueuses s’impliquer dans l’évolution du foot féminin. Comme je suis heureuse quand des petites filles, mais aussi de plus en plus de petits garçons, nous témoignent leur soutien, à travers les réseaux sociaux, ou directement. Les mentalités changent…
Amandine est à voir ce dimanche soir à 21h05 sur Canal +