Comment appréhendez-vous ces rendez-vous mondiaux ?
Stéphane Diagana : Cela nécessite un gros travail de préparation, car il y a de nombreux athlètes, et aussi beaucoup d’épreuves. Il faut se tenir au fait des dernières performances, se renseigner sur les petits nouveaux, qui peuvent se hisser très vite dans la hiérarchie mondiale. On doit aussi soigner sa forme car, parfois, les temps d’antenne sont assez longs.
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Cet événement doit vous rappeler de bons souvenirs, en tant qu’ancien athlète…
J’ai eu la chance d’y participer plusieurs fois et d’être souvent sur les podiums (il a été médaillé de bronze au 400 m haies en 1995, médaillé d’or en 1997, médaillé d’argent en 1999 et médaillé d’or au relais 4 x 400 m en 2003, ndlr).
Pouvez-vous nous dire quels seront les temps forts de ces mondiaux d’athlétisme ?
Il faudra suivre le saut à la perche et la performance du Suédois Armand Duplantis, qui détient le record du monde (6,22 m). Sur le 400 m haies masculin, on suivra le duel entre le Brésilien Alison dos Santos et le Norvégien Karsten Warholm. On ne ratera pas non plus le 400 m et le 400 m haies féminin et le phénomène américain Sydney McLaughlin-Levrone.
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Quelles sont les meilleures chances françaises ?
On pense bien sûr à Kevin Mayer, double champion du monde en décathlon. Au 110 m haies, nous avons plusieurs espoirs : Sasha Zhoya, Just Kwaou-Mathey et Wilhem Belocian. À noter qu’il y a beaucoup d’épreuves dans lesquelles nous ne serons pas représentés, notamment celles de lancers masculins. Nos athlètes n’ont pas réalisé les minima. Peut-être que certains seront repêchés… Du côté des femmes, seule la lanceuse de disque Mélina Robert-Michon semble en mesure de se distinguer. Mais nous ne sommes pas à l’abri de bonnes surprises.
Inquiétant, à un an des Jeux olympiques… Comment expliquez-vous cette pauvreté de l’athlétisme français ?
On a un système mis en place dans les années 60 par le général de Gaulle, après le fiasco des Jeux de Rome (nominations de cadres techniques, création de l’Institut national du sport, de l’expertise et de la performance). Cette structure fonctionnait bien encore il y a quinze ans. Mais aujourd’hui, par rapport aux moyens que les autres nations investissent dans le sport, elle apparaît insuffisante. Il faut que le sport ait plus de place dans le système scolaire.
Championnats du monde d’athlétisme : à suivre samedi 19 août à 21h10 sur France 2
INTERVIEW H. CHOUCHAOUI