Vous incarnez Ophélia le temps de quelques épisodes. Comment ce projet es-il arrivé jusqu’à vous ?
Ce sont les équipes de Netflix qui m’ont contactée. Jusqu’à présent, je m’étais toujours empêchée de toucher à la comédie si ce n’est pour les besoins de mes clips. Je pensais que ce n’était pas pour moi, que ce n’était pas mon métier. Au début, j’étais un peu réfractaire et en lisant le rôle d’Ophélia j’ai réalisé qu’elle était très proche de moi. Je me suis alors dit que ça n’allait pas nécessiter un effort de construction d’un personnage puisqu’elle me ressemble. Ça m’a donné envie car il y a beaucoup de musique dans cette série et autour de mon personnage. Et contre toute attente, je me suis éclatée. J’ai adoré ça au point de me demander pourquoi je m’étais interdit ça pendant si longtemps.
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En quoi Ophélia vous ressemble-t-elle ?
Elle arrive dans cette école artistique avec sa bienveillance et son expérience et ce désir de transmission et ça, ça me parle. Cet exercice ? J’ai adoré le faire lors de ma participation à The Voice Belgique (2018-2019-2020-2022) ou quand j’étais marraine de la Star Academy en 2023. Comme Ophélia, j’aime transmettre à des jeunes qui sont parfois jetés en pâture dans des émissions de télévision. C’est un monde parfois cruel et l’industrie de la musique est un univers difficile. Quand j’ai démarré, je n’avais personne pour me donner ces conseils-là. Ça ne peut que leur être utile d’être prévenus du caractère hypocrite de ce milieu. Tout est basé sur le « relationnel » et il faut savoir reconnaitre les gens importants. La transmission est un exercice important et nécessaire.
Qu’est-ce que cette expérience a réveillé chez vous ? Qu’avez-vous appris sur vous ?
Une fois que je me suis « débarrassée » du texte, je me suis sentie libre. Moi qui écris tout, je pensais ne pas avoir de liberté et en fait, une fois le texte apprivoisé, je me suis lâchée et me suis surprise à m’éclater à jouer. Je ne pensais pas me sentir aussi libre dans l’acting. Ce nouveau challenge a été une excellente découverte et une sacrée expérience.
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Quel accueil vous a réservé l’équipe de la série ?
Un merveilleux accueil ! Je suis arrivée au cœur d’une équipe qui se connait déjà bien mais on m’a fait me sentir comme si j’avais toujours été parmi eux. Beaucoup de comédiens sont chanteurs et issus de The Voice entre autres. Ça chantait beaucoup entre les prises. Et puis tourner avec Isabel Otero, qui incarne Florence Delaunat, est adorable. Nous nous sommes découvert beaucoup d’affinités et avons beaucoup ri.
Serait-il envisageable que votre personnage d’Ophélia revienne dans la série un jour ?
L’idée a été évoquée sur le tournage. Pourquoi pas ? Ce fut une si bonne expérience pour moi que cela n’est pas exclu.
Il est dit dans le communiqué de presse transmis par TF1 que pour Ophélia, la musique est une affaire de vérité…Le pensez-vous aussi ?
Complètement. Quand en 2007 j’ai sorti mon premier album A Fleur de toi, j’y dévoilais une part de mon intimité. En parlant de ma rupture comme si je couchais l’histoire dans un journal intime, cela a agi comme une thérapie. D’ailleurs des milliers de femmes ont été touchées par ce que je racontais et s’y sont reconnues. La chanson éponyme est comme un emblème, mon ADN. Je me suis toujours inspirée de ce que je vivais. Par définition, écrire et chanter est une histoire d’authenticité. Et avec mon dernier album, Charlotte, j’ai continué à me dévoiler et ai même retiré les dernières couches. Je ne me pose pas de questions ; je raconte ce qui me touche, ce qui me bouleverse et j’en fais des chansons.
Cela fonctionne de la même manière quand vous écrivez pour les autres ?
Oui. La première chose que je fais c’est de me poser avec eux dans une piève, de discuter, de leur demander ce qu’ils veulent dire, où ils en sont dans leur vie, etc… Amel Bent raconte sa vie aussi de manière hypersensible. M Pokora pareil. Il faut bien connaitre les gens pour qui on écrit et essayer d’aller plus loin que là où ils sont déjà aller par eux-mêmes. J’adore cet exercice-là.
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Vous êtes donc une sorte de « styliste musicale » qui fait du sur-mesure ?
C’est ça ! Quand on entre en studio, avant de faire venir les artistes avec qui je vais collaborer, je fais une séance avec mon co-compositeur Renaud Rebillaud et je me glisse dans leur peau. On fait une maquette sur mesure et après on adapte. On fait des retouches en quelque sorte.
Vous qui avez cette capacité à vous glisser dans la peau des autres artistes pour écrire pour eux auriez donc aussi la capacité à incarner d’autres personnages à l’écran ?
J’aimerais bien. Vraiment. J’ai déjà eu des propositions, des pistes, mais qui ne m’intéressaient pas forcément. On m’a sollicité plusieurs fois notamment pour des fictions télé mais je ne donnais pas suite, pensant toujours que cela n’était pas mon métier. Je suis auteure-compositrice et j’ai besoin d’être au centre d’un univers. Cette expérience dans Tout pour la lumière a vraiment débloqué quelque chose en moi. Je me suis beaucoup amusée.
Vous avez été jurée dans The Voice et The Voice Kids en Belgique mais jamais en France. Pourquoi ?
Parce qu’on ne me l’a pas proposé ! (rires) Être coach dans ce genre d’émissions n’est pas évident car il faut pouvoir et savoir se renouveler. C’est difficile d’être différent et toujours pertinent d’une année sur l’autre. Voilà pourquoi certains membres du jury ne restent pas plusieurs saisons. Mais si on me le propose, j’y réfléchirai. J’ai adoré participer à The Voice Belgique. Ça a changé ma vision de la télévision voire de mes prestations télévisées. The Voice est une telle machine qu’il est intéressant d’en voir tous les rouages. C’est une expérience exceptionnelle pour tous ceux qui y participent ; les candidats comme les coachs.
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Viens on essaie, votre duo avec Julien Doré, tourne en boucle partout et a surpris tout le monde…
Et c’est exactement l’effet que je voulais provoquer ! Alors que j’étais en studio pour l’enregistrement de mon album Charlotte, j’ai composé cette chanson et j’ai immédiatement pensé à Julien Doré pour m’accompagner dessus. On ne se connaissait pas et ne nous étions même jamais croisés alors que nous sommes de la même « génération ». Je l’ai alors contacté et lui ai envoyé la maquette du titre. Je ne pensais pas avoir de ses nouvelles et, au contraire, il m’a répondu tout de suite en me disant qu’il aimait beaucoup la chanson. Il est venu en studio, on a discuté, il a écrit et nous avons façonné et réalisé la chanson ensemble.
Est-ce lui qui a eu l’idée du clip avec ce plan fixe où s’incruste de faux commentaires comme on peut en lire sur les réseaux sociaux ?
Oui ! J’aime toutes les idées qu’il a autour de « l’image » et ses clips sont toujours des réussites. Il a de si bonnes idées que je lui ai tout de suite dit « Je te suis ! » Et voilà le résultat : une collaboration improbable, une chanson insolite, un mélange de nos univers surprenant et c’est ça qui est fort !
Cette rencontre a-t-elle été à la hauteur de ce à quoi vous vous attendiez ?
Complètement ! Ce fut une très belle rencontre. Nous avons beau être différent, nous nous sommes aussi découverts beaucoup de points communs notamment dans la gestion de nos carrières et le contrôle de nos univers. On s’est compris.
Ce titre avec Julien Doré présagerait-il d’un album de duos ?
En effet… J’ai beaucoup de titres inédits en préparation avec d’autres artistes…
Parallèlement, vous poursuivez votre tournée qui a débuté en octobre 2024…
Oui. Je poursuis ma tournée des Zéniths et des Arenas que nous avons prolongé de 15 dates à partir d’octobre pour finir par trois soirées à la Seine Musicale à Paris les 28, 29 et 30 novembre 2025.Je ne savais pas à quoi m’attendre mais j’ai la chance d’avoir un public exceptionnel qui a grandi avec moi et connait mon travail et mes chansons par cœur. La mise en scène est incroyable et le public, sensationnel. C’est la plus belle tournée de ma vie.